Tous les Jeudis, Gbèton partage ses convictions, sa philosophie, ses découvertes et ses idées ... sur les voies du leadership, du développement personnel et du bonheur

jeudi 25 octobre 2007

Ecrire est un acte d'amour et un signe de grandeur

Ecrire est un acte d'amour et un signe de grandeur

Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas il n'est qu'écriture
Jean Cocteau

Les écrits sont la descendance de l'âme comme les enfants sont celle du corps
Clément d'Alexandrie

On se ruine l'esprit à trop écrire. On le rouille à n'écrire pas
Joseph Joubert

CE QUE JE DIS

Avec le développement de la radio, de la télévision la tendance est à l'art oratoire. Pour mieux se vendre il faut savoir parler et se vendre, reléguant l'écriture au second plan. Pourtant écrire a quelque chose de plus profond et plus de sérieux. C'est, convaincu qu'écrire est un acte d'amour et un signe de grandeur que je dis : osez écrire pour mieux vivre.


POURQUOI JE LE DIS

Récemment, j'ai parlé à cette même tribune de la lecture et de ses joies. Mais en réalité, écrire et lire sont indissociables. Je dirais que ce sont deux faces d'une même pièce. Mieux, « La mémoire se perd ; mais l'écriture demeure », nous dit un adage bien connu. Ecrire permet donc de laisser à la postérité un héritage. C'est donc par amour qu'on écrit. Par amour pour soi ou pour la postérité. De même ceux qui écrivent font signe de grandeur.

Quand je parle d'écrire, il s'agit de rédiger un texte, un témoignage, un article ou une histoire, c'est à dire d'inventer ou de transcrire des idées sur du papier ou un écran. Les raisons pour lesquelles nous écrivons sont nombreuses et se présentent différemment.

  1. Ecrire est un acte d'amour de soi

Il est vrai que généralement, nous écrivons pour organiser nos idées, notre pensée, pour mémoriser ou conserver des traces, pour choisir, ou simplement pour communiquer ou transmettre une information. Comment écrire peut-il être un acte d'amour pour soi ? A mon avis, écrire pour se libérer, écrire pour apprendre et découvrir ou encore écrire pour défendre son idée, c'est simplement écrire par amour pour soi-même.

En effet, on peut écrire pour le simple plaisir de le faire, ou pour se décharger et se libérer d'une charge, ou encore pour se confesser secrètement. Dans ce cas, écrire, comme dans un journal intime, amène l'être à se soulager pour mieux vivre. « J'écris pour me taire » dit Philippe Léotard. « S'il ne se passe rien, écris pour le dire. » renchérit Cicéron. Dans ces cas, on écrit pas forcément pour être lu, donnant ainsi raison à Virginia Woolf: « C'est écrire qui est le véritable plaisir ; être lu n'est qu'un plaisir superficiel. »

L'écriture permet à l'être de s'améliorer. C'est une sorte d'ascèse qui fait dire à Jean Rouaud que « L'écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre. » Ecrire devient ainsi un signe de liberté. Libérer le coeur de son poids, mais rester libre également au sens des droits de l'homme. Combien de journalistes sont-il emprisonnés pour avoir écrit ? C'est donc à juste titre que Michèle Mailhot se demande : « Un écrivain qui n'est pas libre, est-ce un écrivain ? »

De même, écrire permet de mieux apprendre. Ce n'est pas pour rien que le maître d'école nous obligeait à recopier, à la main, mille fois une leçon non sue.
Anthony Dacheville constate :
« Le savoir est en moi, j'écris pour le découvrir » Le fait d'écrire demande plus d'effort et commande un souci de méthode qui finit par libérer le génie en soi.
« Relis-toi sept fois avant d'écrire » disait Alain Bosquet. « Personne ne lit plus aujourd'hui, sauf ceux qui écrivent. » soutient d'ailleurs Henry Bordeaux.

Et pour finir, défendre ses idées est un acte d'amour pour soi. Et l'écriture est l'un des meilleurs moyens pour raisonner, classer et hiérarchiser ses idées afin de mieux convaincre. « L'écriture est la continuation de la politique par d'autres moyens » selon les mots de Philippe Sollers. Ainsi par exemple « Il faut écrire pour soi, c'est ainsi que l'on peut arriver aux autres. » (Eugène Ionesco)

  1. Ecrire est un acte d'amour d'autrui

En quoi le fait d'écrire peut-il bien être un acte d'attachement à autrui ? Nous avons tous à un moment ou à un autre écrit ce qu'on appelle des lettres d'amour. On écrit donc à ceux qu'on aime pour leur déclarer sa flamme ou leur témoigner de l'affection. Jean Cocteau le dit sans détours : « Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas il n'est qu'écriture. ».

En outre, comme le dirait Hampaté Bâ, « En Afrique, quand un vieillard meurt c'est une bibliothèque qui brûle ». La raison en est que l'Afrique a une forte tradition orale qui ne permet par aux vieux sages de transmetre fidèlement leur savoir et expériences à travers la rédaction de leurs mémoires. Pouvoir écrire pour laisser des archives à la postérité, ou pour pour enseigner et transmettre des informations relève ainsi de la concrétisation de l'amour qu'on a pour autrui. Car même si « Le souvenir a le même pouvoir que l'écriture »
(Amélie Nothomb), celle-ci a l'avantage de rester assez fidèle.

Par ailleurs, il est parfois mieux d'écrire pour défendre le point de vue des sans-voix. C'est en cela que pour Victor Serge « Celui qui parle, celui qui écrit est essentiellement un homme qui parle pour tous ceux qui sont sans voix. »

  1. Ecrire est un signe de grandeur

Je ne sais pas ce qui a pris Paul Zumthor pour qu'il affirme : « N'écris jamais : l'écriture viole la vie. » Ecrire est un moyen de s'améliorer personnellement et donc de devenir meilleur. Du fait que le fait d'écrire requiert beaucoup plus d'effort et laisse des traces, l'écriture est hautement engageant. Elle engage en effet la responsabilité de celui qui écrit. Ceux qui parviennent ainsi à écrire véritablement et à l'assumer font preuve de grandeur. « L'écriture, toute écriture, reste une audace et un courage. Et représente un énorme travail. » affirme Michèle Mailhot. Robert Brasillach a dit un jour « L'histoire est écrite par les vainqueurs » Alors un vainqueur n'est-il pas grand ?


En outre, les grands leaders prennent la peine de consigner par écrit les objectifs qu'ils se sont fixés. Seulement 30% des personnes écrivent leurs objectifs et seulement 1% les relisent quotidiennement. Y parvenir c'est être parmi cette élite. Cela permet de visualiser souvent la réalisation de ses rêves et en cela, l'écriture donne plus de consistance à vos rêves. Les objectifs sont des rêves qui comportent des dates. Vous deviendrez aussi grand et heureux que les objectifs que vous vous êtes fixés.

Sous un autre angle, « A mon sens, écrire et communiquer, c'est être capable de faire croire n'importe quoi à n'importe qui. »
confesse J.M.G. Le Clézio.

  1. Oser écrire pour mieux vivre

Ecrire n'est pas toujours facile. Entre avoir une idée et la mettre sur le papier, il y a un monde. Le stress de la feuille blanche n'est pas un mythe et c'est pourquoi l'écriture est un art...
«
L'écriture est la peinture de la voix. », révèle Voltaire. Quant à Winston Churchill, il affirme que « L'écriture est une aventure. Au début c'est un jeu, puis c'est une amante, ensuite c'est un maître et ça devient un tyran. » Il y a donc lieu le savoir pour en faire bon usage afin de mieux vivre. Selon Pierre Michon, « L'expérience de l'écriture est extatique. Il faut s'y jeter à corps perdu, pleurer et rire intensément, physiquement, entrer dans un état second. » Tout un bonheur n'est-ce pas ?


L'expérience devient alors tentante et une question surgit immédiatement : Quoi écrire ?
Pour Emil Michel Cioran, « On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu'on n'oserait confier à personne. » Quant à Paul Léautaud, « Rien ne fait mieux écrire que d'écrire sur ce qu'on aime. » Tout le secret est là. Ecrire sur ce qu'on aime comme l'écrivait Boileau dans l'Art poétique : « Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. »

On peut écrire sur à peu près n'importe quoi. C'est l'art de l'écriture qui donne aux écrits tout l'éclat de l'objet de l'écriture. Comme le dit Baudelaire « J'ai prétri de la boue et j'en ai fait de l'or ». Tout un savoir-faire. C'est ainsi qu'on a pas besoin de vivre des expériences pour écrire. On peut laisser libre cours à son imagination créatrice puisqu'on peut écrire pour créer ce qui n'existe pas. « Il y a deux sortes d'écrivains, celui qui raconte ce qu'il a vécu et celui qui raconte ce qu'il n'a pas vécu. » (Christophe Donner)

Alors chers amis, osons écrire pour mieux vivre car comme le dit un adage : «
Ecrivez, il en restera toujours une virgule ! » Le plus important est de garder la mesure car « On se ruine l'esprit à trop écrire. On le rouille à n'écrire pas. », nous dit Joseph Joubert.


ET A LA JCI

A la JCI, l'écriture est omniprésente dans les activités et dans la méthodologie de travail. Il s'agit d'écrire pour être lu et particulièrement pour convaincre, raisonner, archiver et permettre de prendre une décision.

Ainsi, que ce soit pour faire des propositions de projets ou pour rendre compte, il faut écrire. Ecrire pour mieux structurer sa pensée et faire gagner du temps aux autres amis que nous aimons bien. D'où l'importance de l'écriture. Ce n'est pas pour rien qu'il y a un module spécifique sur la question « Ecrire pour être lu ». Un module dont l'animation m'a beaucoup passionné d'ailleurs.

Nous sommes appelés à écrire des rapports, des projets, des comptes rendus, des lettres d'invitation ou de remerciement ou encore formuler des demandes. Il est alors bon de savoir écrire pour être lu car avec la rareté du temps, très peu de personnes prennent le temps de beaucoup lire. En outre avec la prolifération des e-mails que chacun connaît, écrire un mail pour être lu relève d'un véritable défi pour les membres de la JCI qui se veulent efficaces.


LECTURE RECOMMANDEE

Pourquoi écrire
http://www.kazibao.net/francais/adozone/adozine/ecrire/index2.shtml

Ecriture comme aide à la guérison
http://www.fondation-roche.org/portal/eipf/france/fondation/lc/l_ecriture_comme_aide_a_la_guerison


INCROYABLE MAIS VRAI


1. « Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. » (Marguerite Duras)


2. Saviez-vous qu'on peux guérir par l'écriture ?


Pour se libérer d'un passé douloureux, deux méthodes d'écriture.

- L'écriture témoignage : écriture directe, laisser courir sous la plume, les souvenirs, les émotions qui y sont associées, c'est douloureux, encore plus efficace si elle est ensuite partagée.

- L'écriture fiction : Méthode pratiquée par les écrivains : on transfère sur des personnages et cela permet ainsi d'écrire des choses profondes sans s'impliquer directement. Cette méthode peut être réparatrice. La réalité réinventée s'inscrit en nous au même titre que la réalité vécue. On peut réinventer une scène vécue en lui donnant une fin moins triste, on gomme le négatif jusque dans son inconscient.


Plus loin ? http://www.relation-aide.com/dos_description.php?id=111
http://www.bief.org/?fuseaction=C.Titre&Tid=10373


BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.

A jeudi prochain, si Dieu le veut

Gbèton.

jeudi 11 octobre 2007

Ne pas lire c'est se faire hara-kiri. Oser lire pour vivre sans l'ire des siens

Ne pas lire c'est se faire hara-kiri. Oser lire pour vivre sans l'ire des siens

Lire, c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas
Victor Hugo

Lire est le propre de l'homme
Madeleine Chapsal

Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre
Daniel Pennac

CE QUE JE DIS

Avec le développement rapide des moyens de transports, (plus) grande est la tendance de voyager pour vivre des expériences soi-même plutôt que de s'adonner à la lecture. Certains trouvent ainsi que lire c'est une perte de temps quand on a tant de choses à faire. Mais moi je dis : Ne pas lire c'est se faire hara-kiri. Osez lire pour vivre sans l'ire des vôtres.


POURQUOI JE LE DIS

Les avis sont divergents sur la place de la lecture et du livre et moi j'ai choisi mon parti. Le samedi passé, je suivais une conférence sur le thème : « Dialogue des cultures et des civilisations, gage de paix » (http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=29478). L'animateur, le professeur Pr Mbargane Guissé, en abordant le rôle de la jeunesse dans le processus d'instauration d'une paix durable a insisté sur le développement de ce qu'il a appelé une « conscience historique »chez les jeunes grâce à la lecture et l'étude de l'histoire. Je compris alors l'importance de la lecture dans la connaissance de soi, traduite par Jean Paulhan : « Qui veut se connaître, qu'il ouvre un livre. » dit-il. Pourtant peu de personnes consacrent encore du temps à la lecture. Le professeur Mbaye Thiam qui modérait la rencontre insiste lui sur l'importance de la lecture en rappelant que ce n'est pas pour rien si les trois dernières religions révélées l'ont été à travers des livres : la Tora, la Bible et le Coran. Abondant dans le même sens je dis que ne pas lire c'est simplement se suicider. Quelques éléments m'en donnent la conviction.

  1. Ne pas lire, c'est prendre des risques jusqu'au suicide

Il y a quelques mois, j'étais allé à la pharmacie pour acheter un produit pour le petit Yann. Sur la base de l'ordonnance que je tendis au pharmacien, ce dernier me remis du Flucazol. Plus tard la lecture de la notice permis de noter que non seulement c'est un médicament pour adulte mais qu'il est indiqué pour des maladies rares comme la leucémie ou les mycoses. Or, il était bien question de Fluocaryl, une pâte dentifrice, pour enfant. Heureusement que ma femme a pris l'habitude de lire toutes les notices des médicaments que le médecin prescrit avant d'en faire usage. Cela a été salvateur et a permis d'éviter l'ire des uns et des autres.

Ainsi, ne pas lire c'est trop de risques. Ne pas lire c'est comme se faire Seppuku ou argotiquement Hara-kiri, , un suicide rituel d'origine japonaise. J'ai déjà vu des personnes acheter des appareils électroniques très cher et ensuite les bousiller en quelques fractions de secondes pour n'avoir pas pris le temps de lire la notice d'utilisation. Le fait de ne pas lire peut ainsi donc conduire à des dommages physiques. Mais il peut également déboucher sur la sclérose mentale car comme le dit Victor Hugo « Lire, c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas. »

La lecture sauve et libère. En ne lisant pas, il peut vous arriver d'écouter les autres et après (ensuite) répéter machinalement leurs arguments déformés, puisque toute littérature traduite est une littérature trahie. Ainsi, vous ne réfléchirez plus que par eux ; Une sorte de réflexion par procuration. Or, « un livre est un outil de liberté », soutient Jean Guéhenno. Un Chef d'Etat africain, naguère chancre du marxisme léninisme avouait récemment n'avoir jamais lu une seule ligne de Marx alors qu'il le prêcha plus de 15 années durant. Son échec, il l'attribuera plus tard, aux « intellectuels tarés usés » qui lui auraient menti.

Alain Mabanckou (http://congopage.com/article3226.html) se demande pourquoi nos gouvernants d'Afrique noire francophone ne lisent pas et y répond : « Parce que, pour eux, le roman n'est que divertissement, perte de temps ; la poésie, des délires de quelques amoureux ; le théâtre, des gesticulations de clown etc. La seule discipline qui les intéresserait serait à la rigueur l'essai politique, et encore ! »

  1. Lire aiguise notre regard sur le réel.

Je ne sais plus qui le disait mais j'ai cru lire qu'un voyage vaut mieux que plusieurs lectures. Pourtant même si Victor Hugo affirme que « Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire » ce n'est pas évident de découvrir autant de choses par soi-même, que par la lecture. Notre vision de la réalité est limitée surtout si nous ne savons pas observer. De plus le coût d'un voyage à l'autre bout du monde coûte en temps et en ressources financières. C'est d'ailleurs pour cela qu'autrefois, la lecture avait une haute importance. Mais avec le développement rapide de la technologie, de la télévision, de la radio et autre, la lecture n'a plus beaucoup de succès. Ainsi par exemple, pour Bernard Pivot, « Le TGV, trop rapide, est un mauvais coup porté au livre. »

La tendance est alors de voyager alors que le fait de lire avant de voir permet de mieux regarder la vérité. Cela permet en effet de scruter la réalité avec des yeux prévenus et goulus de curiosité. Pour Giacomo Girolamo Casanova, « L'homme qui veut s'instruire doit lire d'abord, et puis voyager pour rectifier ce qu'il a appris. » Qui dit mieux d'autant plus que « Lire c'est entendre avec les yeux » (Pierre Léger)

  1. Lire c'est s'évader, c'est vivre

En tant que voyage, lire permet de s'évader, de se sentir une certaine liberté et de mieux vivre. « Il y a dans lire une attente qui ne cherche pas à aboutir. Lire c'est errer. »,Pascal Quignard. En effet, en choisissant ses lectures, on se libère du monde présent, avec son stress et son dégoût, pour s'introduire dans le monde créé par la lecture grâce à la puissance de l'imagination. Ce qui peut permettre de retrouver un sourire perdu. C'est en cela que Bernard Werber affirme que « Le secret de la liberté, c'est la librairie. » Et quand on sait que dire "librairie" signifie « être libre et rire", on en comprend mieux la raison. La lecture apparaît ainsi comme « une porte ouverte sur un monde enchanté. » selon les mots de François Mauriac. constate

Montesquieu partage son expérience en la matière : « Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé... Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie. », dit-il.

La lecture libère ainsi l'homme et lui permet d'améliorer la qualité de sa vie en lui permettant de se débarrasser du stress, de s'évader mais aussi en lui offrant de découvrir les moyens de se protéger contre les dangers de l'ignorance suicidaire. En un mot, lire, c'est vivre. Daniel Pennac le dit clairement : « Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre. » et Pierre Dumayet se fait plus catégorique : « Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois », tranche-t-il.

Sans doute, parce que « Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe » (Jules Renard) qui conduira à des lendemains plus fleuris.

  1. Lire c'est symbole d'intelligence et d'ouverture

Thomas Carlyle se veut à la limite provocateur : « La véritable Université de nos jours, est une collection de livres. » affirme-t-il sans détour, suggérant que par la lecture on peut apprendre comme sur les bancs de l'université. Même s'il semble exagérer, nous devons reconnaître, plus on s'élève vers la science et la connaissance, plus on a tendance à lire beaucoup. D'ailleurs comme le dit Marcel Proust, « Il semble que le goût des livres croisse avec l'intelligence. » Par la lecture on cherche à assouvir une curiosité dévoratrice de livre et de pages : « Lire et être curieux, c'est la même chose. » (Pascal Quignard) Mieux encore, « Lire beaucoup, ça donne un meilleur jugement. » selon Jean-Marie Poupart.

Par ailleurs, plus on lit, plus on est apte à créer et à écrire. Nafissatou Dia Diouf (http://www.nafidiadiouf.net/nafi_006.htm) note ainsi que la lecture favorise la créativité et l'écriture. Italo Calvino dit que « Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister » lui permettant ainsi de prendre vie. C'est la raison pour laquelle Alphonse de Lamartine remarque que « Toutes les grandes lectures sont une date dans l'existence. » Il n'est pas rare en effet que notre vie change radicalement ou qu'un projet prenne corps à la suite d'une lecture marquante.

Pour arriver à ces résultats de la lecture, il faut non seulement lire, mais relire. Car « Ce qui importe ce n'est pas de lire mais de relire » (Jorge Luis Borges) ; car «Lire est doux; relire est - quelquefois - plus doux encore. ». D'ailleurs Jacques Deval ne nous dit-il pas qu' « Un bon livre est celui qu'on retrouve toujours plein après l'avoir vidé » ?

Faisons, tout de même, attention à la mise en garde de Jean le Rond d'Alembert en gardant la mesure : « Trop de lecture peut étouffer le génie », prévient-il.

  1. Que lire et comment lire ?

Pourquoi ne lisons nous pas ? D'abord, certains disent qu'ils n'ont pas le temps, qu'ils croulent sous la charge de leurs fonctions. Pourtant, Pompidou n'écrivait-il pas des Anthologies de poésie ? Albert Cohen n'était-il pas un fonctionnaire international ? Léopold Sédar Senghor n'était-il pas un Président de la République ? Bref, il semble que la bonne raison n'est pas là.

Pour pouvoir lire, il faut commencer à trouver un peu de temps à y consacrer. Il est conseillé pour ceux qui en manque cruellement de prendre 15mn chaque jour, soit au réveil, soit au coucher pour rattraper le retard de lecture. Car lire, c'est consacrer du temps aux autres, à leurs écrits pour pouvoir en profiter. Ainsi, lire ressemble bien, après tout, à un acte de générosité. « Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout. » nous conseille Victor Hugo. Quant à Aristippe, il nous rappelle l'essentiel : « Il ne s'agit pas de beaucoup lire, mais de bien lire. »

Pour bien profiter de ses lectures, il faut se mettre dans les conditions optimales. Comme le dit Alberto Manguel, « Bien souvent, le plaisir pris à lire dépend dans une large mesure du confort physique du lecteur. » Or Italo Calvino avoue qu' « Il n'est pas facile de trouver la position idéale pour lire » Que faire ? me diriez-vous. Eh bien ! laissons la plume à Cicéron : « Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut. »

Que lire ? A peu près tout. Car il n'y a pas de lecture dont on ne saurait tirer quelque chose. Avec Internet, la navigation vous amène de lecture en lecture, toute une errance de découverte comme le dirait l'autre. Mais il faut aussi savoir utiliser à bon escient les informations trouvées, reconnaître ce qui est valable et ce qui l'est moins, apprendre à synthétiser les informations et à distinguer le faux du vrai. Ralph Waldo Emerson nous conseille bien : « 1. Ne jamais lire un livre qui date de moins d'un an. 2. Ne lire que des livres réputés. 3. Ne lire que des livres que vous aimez. »

Enfin, rien de mieux que savoir lire vite et bien. Philip Hamerton dit que « L'art de lire consiste à savoir sauter les pages. » Lesquelles sauter justement sans rater l'essentiel ? Quelques conseils efficaces existent : http://groups.google.com/group/je-dis-de-gbeton/web/lire-vite-et-bien

Alors chers amis, lisons beaucoup, vite et bien pour nous préserver de l'ignorance, du suicide physique et mentale et pour nous évader, croître et viser le meilleur.


ET A LA JCI

A la Jeune Chambre Internationale, les lectures ne manquent pas mais combien de nous lisons réellement ? Le fonctionnement de notre organisation fait de la lecture l'un des meilleurs moyens d'apprendre. Il suffit de visiter le site www.jci.cc pour découvrir toute la profondeur du mouvement. De plus l'option de communiquer abondamment par email et par écrit pour réduire les coûts de communication et améliorer l'efficacité des rencontres, fait de la lecture un devoir chez les adhérents. Ainsi la première des choses à faire est de lire les emails que nous recevons. D'abord pour notre information, et ensuite par respect pour celui qui a pris la peine de l'écrire. Il en est de même des rapports d'activités, des comptes-rendus de réunions, des documents de projets et de travail.

Avons nous lu les statuts et les règlements de notre organisation locale ou nationale ? Avons nous lu la Constitution de la JCI au niveau mondial ? Comment être alors des membres qui savent de quoi ils parlent ? Combien sommes-nous à lire les manuels du participant que nous réclamons à cor et à cri après chaque session de formation ?

Je ne vais pas multiplier les exemples, mais lire au sein de la JCI est une preuve d'amitié et d'engagement car « La lecture est une amitié » ( Marcel Proust) Pensons-y ! Et « Un bon livre est un bon ami » (Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre)


LECTURE RECOMMANDEE

Lire et faire lire aux enfants :
http://www.9moisavectoi.com/eveil/pouquoi%20lireB.htm

Lire c'est apprendre à écrire
http://www.nafidiadiouf.net/nafi_006.htm

Lire vite et bien
http://groups.google.com/group/je-dis-de-gbeton/web/lire-vite-et-bien


INCROYABLE MAIS VRAI

1. Quand la lecture a un sexe

N'en déplaise aux phallocrates, les femmes ont, entre autres supériorités sur le sexe dit fort, celle de lire plus que les hommes, même si le phénomène semble récent. De plus, les statistiques montrent que les femmes ne lisent pas la même chose que leurs congénères masculins. Autrement dit, la lecture a un sexe! Une chose est sûre, les femmes dissocient moins plaisir et lecture que les hommes, condamnés à lire «utile». L'argument quelque peu rudimentaire selon lequel leur «soif de rêve», voire «d'exotisme», conduirait les femmes à plébisciter le romanesque aurait-il quelque fondement?

Plus loin ? http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=30685


2. La Lecture comme médecine préventive

Les enfants qui se sont fait lire des histoires durant leur enfance ont plus de facilité à lire et à écrire que ceux qui n'ont pas eu cette chance. Non seulement ces lectures lues à haute voix durant toute la petite enfance leur donne le désir de savoir lire, donc l'envie d'apprendre, mais elles leur apportent aussi la possibilité d'imaginer. En effet, l'imagination est très importante puisqu'elle est cette faculté humaine qui permet de mener sa vie, de réfléchir, de penser, d'inventer, de créer de la littérature, de la poésie et des arts. Lorsque les parents font la lecture à leurs enfants, ils font de la médecine préventive »

Plus d'info sur : http://www.9moisavectoi.com/eveil/pouquoi%20lireB.htm

BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.

A jeudi prochain, si Dieu le veut

Gbèton.

jeudi 4 octobre 2007

Admirer c'est se mirer en grand

Admirer c'est se mirer en grand : savoir admirer pour mieux s'élever

Toute vocation commence par l'admiration
Michel Tournier

Admirer c'est égaler
Alain

CE QUE JE DIS

Certains trouve qu'admirer quelqu'un pour ses accomplissement c'est s'avouer médiocre mais moi je pense qu'admirer quelqu'un s'est se voir à travers lui, en plus grand et en meilleur, et je dis : sachez admirer pour mieux vous élever.

POURQUOI JE LE DIS

Cette semaine, j'ai découvert à la une d'un magazine dakarois spécialisé en économie, deux grands patrons de banque qui se disputent chacun la première place dans l'univers banquier sénégalais. Pendant que l'un est n°1 au regard du total bilan, l'autre est au top en matière de chiffres d'affaires. Et au magazine de prendre le lecteur à témoin en demandant : qui est numéro 1 ? Mais là n'est pas l'objet de mon propos, en regardant sur la page et en cherchant un peu plus loin, je suis fasciné par un jeune de quelques 35 ans, Directeur Général pour le Sénégal d'un réseau bancaire panafricain. Fasciné, je confesse mon admiration pour lui, à mon collègue qui me dit : « c'est à ta portée, si tu le veux, tu vas le dépasser bientôt ». En seconde analyse, j'ai compris effectivement, qu'en l'admirant, visais consciemment ou inconsciemment à l'atteindre et même à le dépasser. C'est pourquoi je dis : admirer c'est se mirer en grand. Plusieurs raisons m'amène à m'en convaincre.

  1. Ne pas admirer, c'est de l'hypocrisie

Les enfants savent admirer et confesser leur admiration. Mais au fur et à mesure que nous grandissons, nous découvrons que nous pouvons faire telle ou telle autre chose qui nous fascinait tant. Chevalier de Méré dit par exemple que « L'admiration est la fille de l'ignorance. » et à Paul Léautaud d'ajouter que « C'est une force que n'admirer rien. »

Petit à petit, nous parvenons ainsi à ne plus avoir admirer. Cela v amener Jean de La Bruyère

à dire que « Les hommes n'aiment point à vous admirer, ils veulent plaire. » Joseph de Maistre, lui, pense que c'est un signe de médiocrité : « La médiocrité refuse toujours d'admirer et souvent d'approuver. » Apparaît ainsi une sorte de malhonnêteté intellectuel qui refuse de juger à sa juste valeur les prouesses des autres. Or il existe toujours une bonne raison d'admirer quelqu'un. Comme le dit Nicolas Boileau, même « Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire. »

Repartons à la source pour chercher à comprendre ce comportement. Admiration, du verbe latin admirari, regarder avec étonnement. La même racine a fini par donner mirer, miroir bien sûr, et la mire et sa ligne. Admirer et s'émerveiller sont, étymologiquement, la même chose. L'admiration est donc, d'abord, un regard, un regard porté sur le monde. Elle est aussi un regard étonné. L'admirateur est saisi par lui et s'oublie un instant. Alors l'admiration prend la forme d'un aveu de faiblesse et c'est cela justement qui fait que beaucoup refuse d'admirer. Or c'est de cette faiblesse que naîtra davantage de force. En effet, cette faiblesse crée en l'admirateur le doute et le pousse à mieux viser la perfection (cf. http://gbeton.blogspot.com/2007/09/quand-il-y-doute-il-ny-plus-de-doute.html)

  1. Admirer c'est voir en quelqu'un la réalisation de certains de nos idéaux

On admire quelqu'un pour une réalisation exigeante. Et comme toute évaluation, le jugement admiratif est fait en fonction de nos propres valeurs. L'admiration, s'applique toujours à une personne humaine et jamais à soi-même. C'est le fait de trouver chez l'autre un comportement que je valorise qui suscite mon admiration.« On admire toujours l'ouvrage où l'on retrouve ses pensées. » nous dit Madame Necker. L'autre est ainsi une concrétisation de tout ou partie de me rêves ou des mes idéaux. Si je ne connaissais ces hautes valeurs, je serais incapables de les reconnaître, encore moins de les admirer. C'est pourquoi, Ernest Renan affirme que « Le savant seul a le droit d'admirer. »

  1. Admirer c'est imiter, c'est égaler, et c'est dépasser

« Admirer c'est égaler », dit Alain. C'est pourquoi, les élèves sont encouragés à l'admiration pour tout ce qui est grand et l'envie de s'en rapprocher par leur travail, tout en se méfiant comme de la peste du désir infantile de suivre des sauveur. En effet, admirer c'est entamer un chemin de résilience vers l'estime de soi et vers un juste amour de soi et des autres.

J'admire quand une réalisation rencontre mes valeurs et stimule mes aspirations. Du coup, je découvre un écart entre ce que j'admire et ce que je suis pour le moment. Ce que j'admire deviens ainsi un repère, une source d'inspiration et me porte à vouloir réduire cet écart. Émerveillé puis éveillée par le comportement de l'autre, je suis stimulée à aller plus loin dans une direction à laquelle j'accorde de la valeur.

Quand j'admire quelqu'un, ce ne sont pas ses capacités en tant que telles qui me fascine, mais bien les qualités morales qui en favorisent l'épanouissement. C'est ce qui me permet d'aspirer à les égaler et même à les dépasser afin d'atteindre le bonheur. « Il faut admirer les gens capables d'être heureux. « , recommande Amélie Nothomb

  1. Savoir admirer pour s'améliorer et s'élever

Qui n'a jamais eu un modèle ou un fan quand il était jeune ? Nous avons tous dit un jour « Quand je serai grand, je veux être comme lui ou comme elle ». Comme le dirait Michel Tournier, « Toute vocation commence par l'admiration. » Comme les enfants, nous avons besoin de héros qui suscitent notre admiration. Ces modèles permettent l'émergence des aspirations qui germent au fond de leur être et fournissent la stimulation nécessaire pour les poursuivre. Mais Friedrich Nietzsche nous prévient des excès éventuels d'admiration : « A trop admirer les vertus des autres, dit-il, on peut perdre le sens des siennes propres tant et si bien qu'en ne les exerçant plus, on les oublie complètement sans recevoir pour autant celles des autres en compensation. »

On est alors tenté de se demander comment admirer au mieux pour mieux s'élever. C'est alors avec Victor Hugo que nous commençons à trouver réponse quand il affirme : « Monsieur, j'ai pour principe, écoutez bien cela, d'admirer l'admirable et de m'en tenir là. » Comme pour dire que ce n'est pas tout le monde qu'il faut admirer. Et quand nous admirons quelqu'un, nous devrions éviter de le déifier. Nous devons simplement réduire cette admiration à la vertu ou à la qualité qui nous fascine et ne retenir que cela. C'est cette qualité ou cette vertu qui constitue en réalité le principe actif de la personnalité de la personne admirée, comme pour parler comme les pharmaciens. C'est à mon avis la seule condition pour éviter que Thomas Bernhard ne dise : « L'admiration rend aveugle, elle rend l'admirateur stupide. »

On comprend sans doute mieux pourquoi Thomas Bernhard dit que « Seul l'imbécile admire, l'intelligent n'admire pas, il respecte, estime, comprend, voilà. »

ET A LA JCI

A la Jeune Chambre Internationale, l'admiration est présente à tout moment, mais c'est souvent pour susciter la motivations des jeunes membres. Car à la Jeune Chambre, on est vraiment fier que lorsque le filleul en arrive à passer de l'étape de l'admiration à celui du dépassement. Ou plutôt c'est ce qui devrait être car à la JCI, on apprend pour transmettre et se faire dépasser.

Admirer et s'en contenter c'est cela la vrai médiocrité. Un membre de la Jeune Chambre doit se mettre dans la tête qu'il est capable de tout faire mieux que cela se fait actuellement. Toute admiration devient alors une invitation à faire mieux. Ah le fameux « Be better » revient encore naturellement. Le doute aussi. Admirer me fait douter de ce que je suis actuellement pour que, prenant conscience de mes capacités et des opportunités qui me sont offertes, je vise la perfection.

LECTURE RECOMMANDEE

L'admiration, une pseudo-émotion
http://www.redpsy.com/guide/admiration.html


INCROYABLE MAIS VRAI

Il n'y a probablement que les enfants qui peuvent admirer totalement une personne parce que l'écart entre ce qu'ils sont et ce qu'ils voient chez l'autre est considérable, et cela sur beaucoup de plans. Les adultes qui admirent "entièrement" une personne peuvent le faire parce qu'ils n'ont pas un accès total à elle. Si on y regarde de près, toutefois, on s'aperçoit que même dans ce cas, ils n'admirent que quelques dimensions.

BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.

A jeudi prochain, si Dieu le veut


Gbèton.