Quand il y a doute, il n'y a plus de doute
Doutez de tout et surtout de ce que je vais vous dire
Bouddha
Atteindre le doute du doute, c'est le commencement de la certitude
Léon Daudet
L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit
Aristote
CE QUE JE DIS
Pour certains le doute est contre productif, pour d'autres il est hautement philosophique et créatif. Moi je dis : quand il y a un doute, il n'y a plus de doute ; alors osez douter pour ne plus douter afin de mieux viser la perfection.
POURQUOI JE LE DIS
Galilée a été jugé en 1633, pour avoir remis en cause le principe que la Terre soit le centre de l’univers défini et pour avoir été le déclencheur de tout un bouleversement idéologique. Après ce jugement, Descartes rendit compte des erreurs que les certitudes engendrent dans les esprits. Contrairement aux sceptiques, il n’utilisa pas le doute pour douter mais mit en place une méthode radicale, excessive mais uniquement dans une phase temporaire, dans le but de se dégager du doute, et de le faire évoluer. C’est l’apparition du doute cartésien.
Le doute fait partie de la littérature, surtout celle des philosophes comme Platon, Descartes, Spinoza... On a l'habitude de différencier le doute ordinaire du doute philosophique: le premier est une incertitude face aux évènements et aux personnes, le second une méthode, un outil de prudence face aux croyances et aux jugement hâtifs. De mon point de vue, le bon usage du doute peut conduire à la vérité, à la sagesse et rapprocher de la perfection.
Quand il y a doute, il pas de doute
Il arrive que dès les premiers instants de la rencontre d'un individu, on sente par une sorte de sixième sens qu'il s'agit que quelqu'un de faux. Il arrive aussi qu'on entre dans un lieu et de sentir que c'est louche. Il arrive aussi qu'on devine dès le début qu'une affaire sent le roussi. Et dans bien des cas, ces doutes se confirment par les faits.
Le mieux était donc de se fier à son sixième sens pour éviter une déconvenue. Autant « il n’y a pas de fumée sans feu », autant « quand il y a un doute, il n'y a pas de doute ». Si je doute d'une affaire, et que je sens qu'elle sera mauvaise, mieux vaut ne pas s'y engager. Surtout que comme le disait Larochefoucault, « la première impression est toujours la bonne, surtout si elle est mauvaise. » C'est en cela que je dis que lorsqu'il y a un doute, il n'y a pas de doute c'est à dire qu'il y a fort à parier que le doute se réaliserait. C'est la raison pour laquelle, Pythagore nous conseille : « Dans le doute abstiens-toi. »
Douter pour qu'il n'y ait plus de doute
En effet, pour le sage et le philosophe, la certitude ne peut être qu’une quête. Toute vérité ou certitude présentée aura à être exposée au doute, à la vérification; elle se pose donc comme un jalon transitoire, une bouée fragile, efficace et souvent utile, le temps qu’une remise en question permette à une nouvelle vérité de s’imposer à son tour pour remplacer la précédente. Ainsi, doute et certitude s’interpellent dans un rapport dialectique plus qu’ils ne sont dans une polarité où ils s’excluraient mutuellement. « La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute », affirme Pierre Desproges.
Douter c'est viser la perfection et la sagesse
Remettre en question ce qui paraît évident permet-il à l’homme d’avancer ou le fait au contraire stagner dans un état d’incertitude stérile ? Cicéron répond sans ambage : « En doutant, on atteint la vérité. » n'est ce pas la principe même de la philosophie où chaque réponse devient à nouveau question, objet de doute ? On est donc plus surpris d'entendre Montaigne dire que « Philosopher, c'est douter. » Dévaloriser cet état de questionnement et dire que l’homme ne doit douter de rien, c’est vouloir une rigueur sans faille. C’est prétendre que l’on peut et que l’on doit détenir un savoir parfait. Par contre, accorder de l’importance au doute, fait naître l’idée qu’il puisse faire partie intégrante d’un esprit structuré, mature et que sans le doute on ne peut s’approcher d’une connaissance plus vraie. C'est sans doute pourquoi Galilée, voit dans le doute, le déclencheur de la créativité : « Le doute est père de la création », affirme-t-il.
Ainsi, on peut douter d'une réalité pour finir par mieux y croire. (lire la légende raconté sur Bouddha) C'est ainsi que pour Blaise Pascal, « Douter de Dieu, c'est y croire. » Eric-Emmanuel Schmitt le dit autrement : « Douter et croire sont la même chose. Seule l'indifférence est athée. » Or s'élever vers Dieu, lui ressembler, c'est approcher la perfection.
Il faut douter de tout, et même douter de ses propres doutes. C'est ce faisant qu'on atteint la sagesse. C'est assurément ce qu'a voulu exprimé Léon Daudet en disant : « Atteindre le doute du doute, c'est le commencement de la certitude. » Or comme le constante Blaise Pascal, « Peu de gens parlent du doute en doutant » C'est pourquoi « Il faut douter du doute » également.(Anatole France)
Douter c'est signe d'humilité et de force
Puisqu'elle est le fruit d'une expérience dans le temps, elle peut être contredite demain par une expérience différente, elle ne peut s'inscrire que dans le moment présent. En outre, je ne peux l'imposer à personne puisque elle est éminemment subjective. Il y a donc de quoi devenir humble à force d'expérimenter le doute. Je ne peux avoir de certitude que me concernant, et même cela demande un long et patient travail. Le reste, tout le reste, peut être mis en doute. Le doute apparaît ainsi comme une remise en question, une tension vers la perfection, une humilité. C'est ainsi que l'on devient un homme doté de force. Cette force est faite de prudence, de vigilance mais également de conviction, une fois que le doute est balyé à l'épreuve de l'expérimentation ou de la vérification. « Douter ne signifie rien d'autre que d'être vigilant, sinon cela peut être dangereux. » (Georg Christoph Lichtenberg)
Du bon usage du doute
Ainsi trop de doute de soi mène à la dépression, trop de doute de l'autre mène à la paranoïa. Or il est nécessaire d'avoir confiance en soi et de faire confiance dans les autres.
Durant certains moments et dans des conditions particulières, le doute peut être mortel. Ces instants nécessitent parfois un sang froid et une détermination qui ne doit pas être perturbée. Il suffit d’imaginer un pilote de Formule 1 pour qui un seul moment d’hésitation peut provoquer la mort. Dans ces situations extrêmes, ne pas douter est une qualité car cela pourrait vite devenir fatal.
De même refuser le doute, c’est se fermer à l’éventualité que la réalité puisse être différente et donc risquer de se tromper. Paradoxalement, cela peut être un moyen d’avoir les idées plus claires.
Osons parvenir à un doute créatif pour éviter le doute paralysant sans non plus tomber dans la certitude aveugle. Un doute créatif n’est jamais une faiblesse. Il permet d’aborder un problème avec plus de prudence et de subtilité en écartant les préjugés et les a priori. Mais l’homme a-t-il toujours cette capacité de douter de manière constructive ?
ET A LA JCI
Au niveau de la Jeune Chambre Internationale, il me plaît d'évoque deux aspects du doute qui sont bien résumés dans cette citation de Jonathan Garcia : « Douter est une force de l'esprit mais une faiblesse de l'action ! »
D'un côté, douter peut nous permettre de chercher à comprendre davantage le mouvement, et à apporter notre pierre à l'enrichissement et au développement de l'organisation. C'est bien en cela que j'aime lorsqu'on présente la JCI comme une auberge espagnole : on y trouve que ce qu'on y a apporté. Un peu comme pour nous faire douter afin que nous apprécions par nous même les valeurs et principes du mouvement. Il est facile d'ailleurs de remarquer que les postulants qui mettent plus de temps à se faire intronisés sont souvent les membres les plus engagés.
De l'autre côté, lorsque nous engageons un projet, une action, le doute devrait être banni. Nous devons nous convaincre de la bonne issue et de la réussite du projet. Nous devons nous convaincre que les partenaires nous suivrons avant même d'aller à leur rencontre, bref nous devons rester positifs et confiants pour réussir les actions. Car le doute ici serait une grosse faiblesse de l'action.
Alors chers amis, sachons douter de manière cartésienne pour mieux atteindre la perfection car quand il y a un doute, il n'y a plus de doute.
LECTURE RECOMMANDEE
Quand la croyance, le doute et la volonté mène à tous à la même foi
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INCROYABLE MAIS VRAI
PIQURES d'insectes
Un morceau de citron appliqué sur la piqûre calmera la douleur et la démangeaison en quelques minutes.
Si vous en doutez, il n'y a qu'à essayer pour ôter le doute.
BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.
A jeudi prochain, si Dieu le veut
Gbèton.

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