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jeudi 13 août 2009

Aider les autres pour guérir soi-même

Je-Dis de Gbeton --- Volume III --- Numéro 18 --- 13 août 2009

© photo : meditations.centerblog.net

CE QUE JE DIS

Quelle que soit notre énergie et notre capacité à rester positif et tenace face à l'adversité, il nous arrive parfois de tomber dans le stress, dans la fatigue ou dans le vague-à-l'âme. Bien souvent, parler des raisons de sa mauvaise humeur, faire les changements nécessaires, faire ses exercices physiques, avoir un bon sommeil, développer une attitude mentale positive et utiliser les ressources spirituelles sont autant de pièces importantes de notre puzzle émotionnel. Mais, je dis, avec Steeve Goodier : « Aider les autres nous aide nous-mêmes à nous relever et à nous auto-motiver et à nous guérir. C'est une stratégie simple pour se sentir mieux, mais l'une des moins utilisées, pourtant tout aussi gagnante que les autres.»



Aider les autres n'est jamais aussi gratifiant que lorsque tu le fais dans ton propre intérêt -- David E. Kelley

La seule vertu c'est d'aider les autres. Il n'existe pas d'autre vertu -- Tukaram Maharaj


POURQUOI JE LE DIS

Ce mardi là, j'avais fait ma gymnastique matinale et pris mon petit déjeuner copieux. J'étais parvenu au bureau très tôt avec un moral propre à conquérir le monde. Même si les premières nouvelles de la journée ont réussi à porter un coup à mon moral, mon enthousiasme est resté dominant jusqu'à midi. En début d'après-midi, j'avais décidé d'aller échanger quelques mots avec Mina, une collègue habituellement pleine de vie et de joie. Loin de l’atmosphère et de l’ambiance que j'imaginais, je découvris une Mina toute morose et d'une tiédeur inhabituelle. « Je ne me sens pas bien dans ma peau » m'avoue-t-elle, sans autre explication.

Poussé par l’envie d’essayer de la remettre d’aplomb, je décidai alors d'en savoir plus en établissant, au fur et à mesure de notre discussion, la confiance nécessaire pour enfin lui permettre d'oser aborder l’objet de sa préoccupation. Dans ce processus, je compris en fin de compte que je n'étais pas le seul à sombrer. Après avoir prêté une oreille attentive à Mina, échanger avec elle puis à partager mon expérience concernant le défi qui lui tenait à coeur, elle prit des résolutions et retrouva le sourire. Du coup, je m'en suis porté mieux, et je m'étais senti guéri de mon mal-être. Ainsi, en aidant les autres à se relever, on peut se relever plus facilement d'une baisse d'énergie ou d'enthousiasme. Et ce pour plusieurs raisons.

  1. Il y a toujours pire que ce que nous vivons

Ceux qui souffrent de dépression sévère ont besoin de médicament pour s'en remettre. Et vous, comment faites-vous pour sortir du trou quand le monde semble s'effondrer autour de vous ? Qu'est-ce qui vous remonte lorsque vous vous sentez fatigué, démoralisé, accablé par les vicissitudes de la vie? Êtes-vous adeptes des remontants ? Du café, du thé, de méditation ou de l’une de ces nombreuses boissons toniques présentes sur le marché?

Pourtant, lorsque nous nous souvenons qu'il y a toujours pire que ce que nous vivons, nous commençons à comprendre qu'en réalité nous faisons partie des privilégiés, raison de plus pour rendre grâce « J'étais furieux de n'avoir pas de souliers, alors j'ai rencontré un homme qui n'avait pas de pieds et je me suis trouvé content de mon sort » a dit Mong-tseu. Oser donc discuter avec les autres, aller à leur rencontre pour les aider ou les soutenir est l'un des moyens les plus sûrs pour reconsidérer plus positivement notre situation et nous en relever. Bien des fois, le seul fait d'écouter quelqu'un peut lui sauver l'humeur, et le nôtre avec. Les psychologues disent par exemple qu'une femme élimine le stress en parlant de ses problèmes. Elle a besoin qu'on l’écoute simplement, sans forcément proposer de solutions.

  1. Aider les autres rend heureux

        Il y a quelque temps, j'ais dits qu'oser demander de l'aide ne rend personne laide, pour inviter les uns et les autres a osé et savoir appeler à l'aide au besoin. Mais avons-nous vraiment besoin d'attendre qu'on nous demande d'aider avant de voler au secours des autres ? « Ce qui importe, ce n'est pas que les autres t'aident à porter ta croix, mais que toi tu les aides à porter la leur. », constate l'écrivain français Jean Breton. Il existe plusieurs bonnes raisons d'aider les autres car en définitive, aider nous rend heureux. Aider les autres nous donne le sentiment d'être utile et nous convainc de la nécessité d'exister. Comme dans le cas de Mina, en soutenant quelqu'un que ce soit matériellement ou moralement, nous éveillons le sourire de l'autre qui nous contamine. C'est sans doute ce qui a amené David E. Kelley à dire « Aider les autres n'est jamais aussi gratifiant que lorsque tu le fais dans ton propre intérêt ». En tout cas, le sentiment de générosité et ce plaisir que nous éprouvons en faisant plaisir à un autre nous dilatent le coeur. Nous estimons alors que nous sommes des hommes de vertu et cela nous met le coeur en joie, nous guérit. Pour Tukaram Maharaj, l'un des plus grands mystiques du 17è siècle, « La seule vertu c'est d'aider les autres. Il n'existe pas d'autre vertu. » Et Paulo Coelho ajoute : « Les gens ont toujours tendance à vouloir aider les autres, uniquement pour se sentir meilleurs qu'ils ne sont en réalité. »

                1. Comment guérir aider les autres ?

                Il existe mille manières d'aider les autres pour se consoler soi-même ou se relever de sa chute morale. Ainsi, avec Steeve Goodier on peut penser, par exemple, à :
                * Rendre visite à un voisin casanier ou introverti, ou encore à quelqu'un qui s'y attendrait le moins possible ;
                * Ecrire une lettre ou un email à un ami lointain
                * Appeler un ami qui lutte pour résoudre un problème ou pour relever un défi ;
                * Etre volontaire dans une église, une mosquée, ou une cantine locale ;
                * Passer un coup de râteau sur les feuilles chez quelqu'un ;
                * Faire du pain-maison pour un nouveau voisin ;
                * Laver la voiture ou un vêtement de son épouse ou compagne ;
                * Faire le baby-sitter pour une jeune maman ;
                * Planifier une action de bienfaisance ou de gentillesse insoupçonnée ;
                * Offrir un présent sans aucune raison.

                Corrie Ten Boom, un écrivain chrétien néerlandais qui a survécu à l'holocauste et a aidé de nombreux Juifs à échapper aux nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, a joliment dit « La mesure d'une vie, après tout, ne réside pas dans sa durée mais, dans son don. » Pour les Chrétiens, Jésus-Christ n'en donne-t-Il pas un parfait exemple en nous aimant jusqu'au bout et même au-delà du bout par sa mort, pour nous ?


                ALORS, qu'attends-tu pour être plus heureux en aidant les autres ? Pourquoi hésiter à aider les autres si cela te permet d'être plus fort et plus déterminé ? Pourquoi retenir ton sourire si cela peut rendre un autre heureux et rejaillir sur toi ? Vas-tu encore continuer de garder le silence au lieu d'adresser un mot d'encouragement à ceux que tu croises sur ton chemin, qu'ils peinent à la tâche ou sombrent sous le poids des fardeaux de la vie ??

                EN DEFINITIVE, les besoins sont légions et ceux qui prévoient régulièrement du temps pour faire quelque chose de gentil ou de sympathique pour les autres en arrivent à oublier qu'ils ne sont pas eux-mêmes au top de leur forme physique ou mental. Pourquoi est-ce que cela marche ainsi ? Je ne sais pas trop, une main invisible peut-être, mais cela marche. Sortir et aider quelqu'un d'autre à se relever, pour raison magique et merveilleuse, nous relève nous-mêmes.


                LECTURE RECOMMANDEE


                Oser demander de l'aide ne rend personne laide

                BE BETTER :
                La parole enseigne, l'action entraîne.

                A jeudi prochain, si Dieu le veut

                Gbèton.

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                jeudi 6 août 2009

                Comprendre, c'est aimer

                Je-Dis de Gbeton --- Volume III --- Numéro 17 --- 6 août 2009


                © photo : http://ToutTisse.new.fr/


                CE QUE JE DIS

                Pourquoi paraît-il si difficile d'aimer et de se faire aimer ? La facilité veut que notre amour pour l’autre ne dépende que de son amabilité, de sa gentillesse et de sa sympathie. Du coup, nous avons tendance à faire usage de moyens comme les filtres d'amour, l'astrologie, la numérologie et que sais-je encore. Pourtant il existe des principes simples de la nature pour aimer et à ce titre, je dis : « Comprendre, c'est aimer car il est impossible de ne pas aimer quelqu’un qu’on comprend vraiment, et de se faire aimer de lui.»


                Les hommes sont faits pour s'entendre Pour se comprendre pour s'aimer -- Paul Eluard

                Comprendre, c'est déjà aimer -- Georges Bernanos

                Aimer, ce n'est pas seulement "aimer bien" ; c'est surtout comprendre-- Françoise Sagan



                POURQUOI JE LE DIS

                Au début de l'été, j'avais fait allusion de ma sœur Nadège qui a décidé de faire de sa vocation des vacances en lançant sa propre collection à succès de pagnes tissés, dénommée "UNIVERS TOUT TISSE". La plupart de ses clients et clientes sont satisfaites. "99 sur 100", me confirme-t-elle. Du coup, les commandes tombent chaque jour davantage. « Quel est ton secret, lui ai-je demandé ». « J'anticipe sans cesse, je me mets à leur place et dans leur peau, ce qui me permet d'identifier clairement leurs besoins et aspirations. Je peux alors leur proposer de nouvelles créations qui leur correspondent si bien qu'ils les aiment forcément. » , Faites-y un tour (http://touttisse.new.fr/), appelez-là et dites-moi si elle a tort.


                La démarche qu'expose Nadège n'est rien d'autre qu'une illustration du principe selon lequel, si l'on connaît et comprend bien une personne, on ne peut que lui faire plaisir, l'aimer et se faire aimer d'elle.

                1. Comprendre c'est prendre avec soi, pour mieux aimer

                C'est Thich Nhat Hanh, un moine bouddhiste vietnamien militant pour la paix et considéré comme l'un des promoteurs les plus connus du bouddhisme en Occident qui explique bien le secret du succès de la collection http://touttisse.new.fr/ : « La compréhension et l’amour ne sont pas deux choses distinctes mais une seule et même chose. », affirme-t-il. En effet, lorsque je comprends, je ne peux m'empêcher d’aimer car je ne peux plus frustrer l'autre ni me fâcher avec lui. C'est pourquoi, pour aimer il faut comprendre et pour développer la compréhension, il faut vous exercer à regarder tous les êtres vivants avec les yeux de la compassion. « Comprenant, vous ne pouvez pas vous empêcher d’aimer et, aimant, vous agissez naturellement de manière à soulager la souffrance de l’autre. » ajoute Thich Nhat Hanh. C'est pourquoi, selon Françoise Sagan, « Aimer, ce n'est pas seulement "aimer bien" ; c'est surtout comprendre ».

                Lorsqu'on comprend quelqu'un, lorsqu'on est touché et ouvert à ses peines, ses joies, ce qui le meut, ce qui fait qu'il est ce qu'il est, on a envie de le voir heureux ; et de l'aider personnellement dans sa quête du bonheur ; c'est peut être cela, aimer. Peut-on aimer sans connaître quelqu'un ? Et peut-on connaître vraiment quelqu'un sans le comprendre ? Une fois qu'on comprend quelqu'un, on peut alors commencer à vraiment le respecter, et sans respect il n'y a pas d'amour. Si, au contraire, notre amour n’est que désir de possession, ce n’est point de l’amour. Si nous ne pensons qu’à nous-mêmes, si nous ne reconnaissons que nos propres besoins et ignorons ceux de l’autre, nous ne pouvons aimer. Il est impossible de ne pas aimer quelqu’un qu’on comprend vraiment.

                1. Comprendre c'est pardonner

                Le petit Jean vient d'ouvrir les yeux ce samedi matin et s’aperçoit qu’il est déjà tard. Il décide de réveiller sa petite sœur, Lucie, afin qu’elle ait le temps de prendre son petit déjeuner avant de se rendre à l’école pour ses cours de rattrapage. Lucie, de mauvaise humeur, ne dit pas merci mais plutôt : « Tais-toi ! Laisse-moi tranquille ! ». Elle lui donne même un coup. Le pauvre Jean se dit : « Je l’ai gentiment réveillée. Pourquoi donc m’a-t-elle frappé ? » . Il se fâche et pense même à rendre à Lucie son coup. Mais alors, il se souvient que sa sœur a beaucoup toussé la nuit et du coup, il se dit qu’elle doit être malade et que c'est peut-être pour cela qu'elle s'est comportée ainsi avec lui. A ce moment précis, il comprend et n’est plus fâché du tout. « Comprendre, c'est pardonner. », estime Madame de Staël. En effet, lorsque vous comprenez, vous ne vous fâchez plus dès lors, vous ne pouvez vous empêcher d’aimer. C'est pourquoi Paul Eluard déclare : « Les hommes sont faits pour s'entendre, pour se comprendre, pour s'aimer. »

                Quand nous entrons en contact avec quelqu’un, nos pensées et nos actes doivent véhiculer notre compassion, même si cette personne dit et fait des choses difficiles à accepter. C'est ce que résume si bien le féministe russe Emma Goldman « Si nous voulons nous pardonner les uns aux autres, commençons d'abord par nous comprendre les uns les autres. » Nous nous exerçons à la compassion jusqu’au moment où nous voyons clairement que notre amour pour l’autre ne dépend en rien de son amabilité. Victor Hugo n'a-t-il pas dit que « La véritable indulgence consiste à comprendre et à pardonner les fautes qu'on ne serait pas capable de commettre. » ?

                1. Comment apprendre à comprendre les autres

                Comprendre, c'est prendre avec soi, intégrer... Nous devons regarder profondément afin de voir et comprendre les besoins, les aspirations et la souffrance de la personne qu’on dit aimer. C’est cela le fondement du véritable amour. Il est impossible de ne pas aimer quelqu’un qu’on comprend vraiment.


                L’essence de l’amour et de la compassion est la compréhension. Nous pénétrons son corps, ses sentiments et ses formations mentales et ressentons en nous sa souffrance. Étant en contact avec la souffrance d’autrui il naît en nous un sentiment de compassion. Être compatissant veut littéralement dire souffrir avec.

                De temps à autre, asseyez-vous près de l’être aimé, prenez sa main et demandez : « Mon amour, est-ce que je te comprends assez ? Ou est-ce que je te fais souffrir ? Je te prie de me le dire afin que je puisse apprendre à t’aimer de façon juste. Je ne veux pas te faire souffrir et si je le fais à cause de mon ignorance, je te prie de me le dire afin que je puisse t’aimer mieux et que tu sois heureux. » Si vous dites cela sur un ton qui transmette une véritable ouverture à la compréhension, l’autre se mettra peut-être à pleurer. C’est bon signe, car cela signifie que la porte de la compréhension s’ouvre et que tout sera à nouveau possible.

                En outre, il faut apprendre à observer l'autre, pour mieux le connaître, le comprendre et l'aimer. L'observation attentive est l’élément qui nourrit l’arbre de la compréhension dont les plus belles fleurs sont l’amour et la compassion. « Il faut beaucoup aimer pour bien comprendre et tout admettre. », nous enseigne Francis Bossus. Pour réaliser l’esprit d’amour nous devons aller vers la personne qui a fait l’objet de notre observation, de sorte qu’il ne reste pas seulement un fruit de notre imagination mais devienne source d’énergie capable d’abreuver le monde.


                ALORS, vas-tu continuer à chercher des secrets miraculeux pour aimer et te faire aimer ? Observes-tu bien ceux avec qui tu vis au jour le jour ? Connais-tu bien ce qui leur fait plaisir ? Es-tu capable d'anticiper leur besoin, leur réaction ? Arrives-tu à toujours leur demander les raisons profondes de leurs actes avant de les juger ?


                EN DEFINITIVE, la compréhension étant le fondement même de l’amour, les paroles et les actions qui en procèdent sont toujours d’une grande aide. Et comme, « On pardonne tant que l'on aime » (François de La Rochefoucauld) efforçons-nous SANS CESSE de comprendre, de pardonner, d'aimer et d'aimer encore et toujours. L'artiste Ismaël LO a raison : « L'amour a tous les droits et nous, tous les devoirs ».

                LECTURE RECOMMANDEE


                - Comprendre c'est pardonner et aimer, un extrait de « La Sérénité de l’instant »

                - L'été ensolleillé


                BE BETTER :
                La parole enseigne, l'action entraîne.


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                Gbèton.

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