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jeudi 29 mars 2007

Vive la contrainte qui libère

Vive la contrainte qui libère !

Sans contrainte, on tourne en rond.
Mathieu Chedid
Les hommes prudents savent toujours se faire un mérite
des actes auxquels la nécessité les a contraints.
Nicolas Machiavel
On désire férocement la liberté,
mais c'est presque toujours pour aller vers d'autres contraintes.

Reine Malouin


CE QUE JE DIS


Nous n'aimons pas souvent les contraintes. On les perçoit comme des facteurs bloquants et même parfois anihilants. Pourtant les contraintes apparaissent bien souvent comme des points d'appui. Rien n'est plus déboussolant qu'une totale liberté, qu'une page absolument vierge, qu'un avenir sans phare ni balise. Alors, je dis : « Vive la contrainte qui libère ! »

POURQUOI JE LE DIS

Connaissez-vous l'histoire du papillon qu'un homme par excès de gentillesse a fini par handicaper ? Peut-être la connaissez-vous déjà mais il serait bon de la relire (http://groups.google.com/group/je-dis-de-gbeton/web/le-papillion-et-lepreuve-du-petit-trou?hl=fr). Cet homme voulant aider le papillon qui s'efforçait de sortir par le petit trou du cocon ne comprenait pas que le difficile passage par le trou étroit de cocon était l'effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre le liquide de son corps à ses ailes de manière à pouvoir voler. Résultat des courses, le papillon aider ne saura jamais voler... Cette contrainte qui lui a été épargnée l'a empêché de rester libre de ses mouvements.

N'en est-il pas autant du genre humain ? Bien des situations personnelles ou professionnelles nous amènent à buter sur des contraintes. Nous avons souvent tendances à les prendre négativement alors qu'elles sont de véritables moteurs de créativité, d'imagination et de liberté. Trois angles d'analyses m'en donnent la conviction :

  1. La contrainte est nécessaire à l'orientation et à la canalisation de la personne humaine

L'homme fonctionne presque toujours sous contraintes, qu'il les crée lui même ou qu'il les subisse. Selon Jean Fourastié, « La vie sur la terre est une situation de contrainte et de rationnement. » La contrainte comporte toujours une idée de violence exercée contre une personne ou sur soi même. Qu'elle soit physique ou morale, elle vise à forcer quelque part la volonté. Elle peut s'exercer par les circonstances mettant la personne dans la nécessité d'agir malgré soi. Il peut s'agir en particulier de règles, conventions ou de lois imposées par la société ou de la pression qui en résulte. Les contraintes sont si répandues que Nancy Huston estime que « La contrainte, autant que la liberté, est partie intégrante de notre identité humaine. » Quand Mathieu Chedid, affirme que « Sans contrainte, on tourne en rond. », c'est bien pour monter comment les contraintes servent de balise, de paramètres et d'indicateur pour l'homme. C'est en cela qu'elles sont parfois des points d'appui.
Sur un autre plan, nous savons que le pouvoir absolu corrompt absolument. Que serions nous sans les garde-fous que constituent les contraintes fixées par les lois, les règles, les conventions et autres ? Pour Roger Caillois, « Tout pouvoir vient d'une discipline et se corrompt dès qu'on en néglige les contraintes. » Pour paraphraser un Proverbe africain disons que « Comme dans la vie, les contraintes coexistent partout : dans l'organisation sociale et la vie affective, les échanges entre individus. Vivre et réaliser la contradiction, voilà l'essentiel. »
Il n'y a pratiquement pent pas de domaines où l'homme n'est soumis à la contrainte et c'est ce qui fait dire à Léo Ferré que« L'histoire de l'humanité est une statistique de la contrainte. ». C'est ainsi que « Faire plaisir. Poser les fondations d'une structure de contrainte. » (Ambrose Bierce) et « Sans contraintes, il n'y a pas de discours. Sans tabous, il n'y a pas de sexualité » (Kiju Yoshida). Enfin, « L'amour grandit dans la contrainte et s'épanouit dans la liberté. » (Gérard Bauër)
  1. La contrainte libère l'imagination et la créativité

Qui n'a jamais paniqué devant une page absolument vierge ? André Gide écrit : « L'art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté. ». Il a joute : « L'art est toujours le résultat d'une contrainte. Croire qu'il s'élève d'autant plus haut qu'il est plus libre, c'est croire que ce qui retient le cerf-volant de monter, c'est sa corde. » C'est pourquoi, selon lui, « L'oeuvre d'art ne s'obtient que par contrainte et par la soumission du réalisme à l'idée de beauté préconçue. »

La contrainte est libératrice et créatrice en ce qu'elle permet de sortir de sa routine personnelle. En matière d'écriture et de littérature par exemple, en se forçant à appliquer un certain nombre de règles, on peut écrire quelque chose qu'on n'aurait jamais eu l'idée d'écrire, jamais pu écrire sans cela. Pensons aux vers et à la poésie par exemple. En gros, la contrainte permet de sortir de soi, s'obliger à trouver des idées, changer le mode d'exploitation de ses idées. La contrainte libère, n'est ce pas d'ailleurs la critique classique faite au libéralisme ?

En somme, dans un certain sens, la contrainte libère l'imagination et aiguise l'esprit critique, puisqu'elle nous pousse à mieux organiser pour être plus efficient malgré l'obstacle.

  1. Même la liberté est contraignante, sa quête encore plus.

« Je suis né pour te connaître », dit le poète Eluard à propos de la liberté. Cependant l'Histoire le montre des hommes ont parfois choisi de renoncer à leur liberté pour protéger leur vie, leurs biens, leur confort, préférant la soumission à l'exercice de leur liberté. Rien n'est plus déboussolant qu'une totale liberté. En effet, vouloir être libre ne va pas sans risques et comme le dit George Bernard Shaw, « Liberté implique responsabilité. C'est là pourquoi la plupart des hommes la redoutent. »

Ainsi liberté et responsabilité sont indissociables et appelle toujours un choix. Or, il est des choix qui sont sources de peur et non de plaisir - et la liberté devient un inconnu effrayant ou au moins pénible. Finalement, être libre c'est choisir ses contraintes, ou à défaut les maîtriser. Pour
Jean-Louis Barrault, « La liberté, c'est la faculté de choisir ses contraintes. » et Albert Jacquard d'insister : « La liberté n'est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s'imposeront à tous. » Finalement, ce n'est pas la liberté qui contraint, c'est plutôt la quête de la liberté.

Sous un autre angle, on aime à dire que « La liberté de chacun s'arrête là où commence celle d'autrui ». Quand Claude Debussy affirme que « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » , n'est-ce pas une contrainte de taille ? Du point de vue inverse, Jean-Jacques Rousseau dira que « La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à ne pas être soumis à celle d'autrui. »

Alors chers amis, faisons de nos contraintes des moteurs d'efficacité et de même d'efficience. N'y voyons pas des catastrophes mais des catalysateurs. Cela y va de notre développement personnel et de notre positivité.

ET A LA JCI

A la JCI, les contraintes ne manquent guère. Je ne veux pas parler ici des contraintes liées à l'affiliation où il faut suivre des cours de base, être honorable, avoir entre 18 et 40 ans, payer ses cotisations. Je ne voudrais pas parler non plus des contraintes liées aux conditions d'éligibilité et d'exercice du pouvoir. Ce sont des choses du reste normales prévues par les textes fondamentaux qui regorgent de contraintes.

Mais je voudrais m'attarder un moment sur le système « un homme, un mandat, une année » qui veut que le même individu ne fasse pas plus d'une année à un même poste de direction. En effet, à savoir que nous n'avons que 365 jours pour diriger, l'imagination et la créativité s'es libèrent pour permettre de donner le meilleur de soi. Surtout qu'en réalité, si l'on déduit les heures professionnelles, les heures de déjeuner, de diner, de sommeil et autres, il ne nous reste que bien peu de temps à consacrer à cette merveilleuse organisation qui déchaînent parfois tant de passion. A mon avis, cette contrainte nous amène à davantage d'organisation, de planification, d'ouverture d'esprit pour davantage de créativité et d'efficience.

LECTURE RECOMMANDEE :

Les contraintes comme point d'appui :
http://www.troisiemevoie.com/troisiemevoie/citations/index.html
ou

Le bondage ou la contrainte d'un autre genre (Attention le contenu de cet article peut heurter la sensibilité de certaines personnes)

INCROYABLE MAIS VRAI

Pourquoi des personnes trouvent érotique de se faire ligoter ?

La raison plus souvent citée ou du moins invoquée, est une libération des inhibitions et responsabilités, dans la mesure où les personnes ligotées ont, dans une certaine mesure, confié les clés de leur situation à un tiers. On peut appeler cela un échange érotique de pouvoirs (en anglais : "erotic power exchange"). Le sentiment d'impuissance permet de surmonter l'interdit: la personne attachée ne se sent plus responsable d'avoir commis un acte sexuel. Ce fantasme est fréquent chez les femmes dont l'éducation diabolise la sexualité, ainsi que chez les personnes refoulant leur sexualité ... Et si on faisait davantage attention donc à l'éducation sexuelle des enfants ?

BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.

A jeudi prochain, si Dieu le veut

Gbèton.

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