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jeudi 8 février 2007

Eviter de toujours s'excuser pour mieux conserver le "pouvoir"

« Quand on cherche des excuses, on a déjà péché dans son coeur. »
Jean Giono

« C'est compliqué de demander pardon, c'est un geste délicat, en équilibre entre raideur orgueilleuse et contribution larmoyante et si l'on n'arrive pas à s'ouvrir à l'autre en toute honnêteté, toutes les excuses paraissent fausses et creuses. »
Paul Auster

Eviter de toujours s'excuser pour mieux conserver le "pouvoir"

CE QUE JE DIS


C'est connu. La société nous as inculqué qu'il faut nous excuser pour nos moindres fautes. Ce serait la preuve de notre politesse et de notre bonne éducation. C'est ainsi que nous sommes programmés et formatés pour la plupart. Mais moi je conseille : Pour mieux garder le pouvoir, arrêtez de vous excuser trop souvent.

POURQUOI JE LE DIS


La société nipponne est bien connue pour ses traditions de politesse et de respect de l'autre. Cet aspect constitue d'ailleurs l'un des facteurs d'attirance et d'intérêt pour ce pays. Pourtant, les japonnais n'ont pas (plus) l'habitude se s'excuser lorsqu'ils bousculent quelqu'un dans la rue. Signe d'impolitesse ou de mépris ? Dans une ville aussi peuplée que Tokyo - près de 5.500 habitants au kilomètre carré - les Tokyoïtes considèrent que s'excuser a chaque contact involontaire serait un boulot a plein temps. En effet, imaginez-vous en plein coeur du marché Sandaga à Dakar ou Dantokpa à Cotonou en train de présenter des excuses pour les moindres bousculades.

Pourtant j'en connais qui aiment tellement s'excuser qu'ils sont parfois surpris de s'entendre dire « excuse-moi » à la porte ou au pilier en béton qu'ils viennent de heurter. Les demandes d'excuse sont alors machinales, purement protocolaires et perdent donc de leur caractère réparateur. S'il est vrai qu'on peut dire avec
Pierre Claude Nivelle de la Chaussée que « La honte est dans l'offense, et non pas dans l'excuse. », on peut aussi reconnaître, comme le dit le proverbe, que «Mauvaise excuse vaut mieux que pas d'excuse »
En outre, « S'excuser, c'est un peu comme essayer de redonner de l'allure à un manteau élimé avec une brosse usée.(Leonard Flemming) Il faut donc y mettre la manière pour ne pas l'abîmer entièrement. C'est pourquoi pour garder la tête toujours haute, pour conserver le « pouvoir » et pour s'améliorer personnellement, il serait bon d'éviter de s'excuser trop souvent, n'importe comment et face à n'importe qui. Cette attitude nous permettra à terme de viser le meilleur pour quatre principales raisons :


  1. Présenter des excuses suppose toute une démarche

Une excuse est une manifestation physique ou verbale visant à abolir la culpabilité résultant d'une faute ou d'un manquement vis-à-vis de quelqu'un. L'excuse se doit donc d'être sincère. Elle doit être précédée d'une introspection et d'une analyse de conscience afin reconnaître ses torts et les regretter. En effet, sans regret il ne saurait y avoir de réelle excuse. Et, c'est sans doute ce qui pousse Sara Paddison à dire: « Un pardon sincère n'attend pas d'excuses » pour nous inviter à des excuses sincères qui supposent :

  • la reconnaissance de sa faute, de son tort, « faute avouée est à moitié pardonnée »
  • le regret de l'offense,

  • la réparation si possible des torts même si Lise Harou dit que « La souffrance survit à toutes les excuses. »

  • la demande d'excuse, et ;

  • l'engagement implicite de ne plus recommencer.

Il serait en effet inutile de présenter des excuses si l'on n'est pas sûr de passer par toutes ces étapes. Sinon, à quoi cela sert-il de demander des excuses si c'est pour reprendre la même faute quelques minutes ou quelques heures plus tard ? « L'imprudent qui ne fait qu'une faute mérite une excuse, celui qui pèche pour la seconde fois doit souffrir double peine pour son crime. » nous dit l'écrivain français Antoine Gombaud. Nous comprenons alors davantage pourquoi les japonnais trouvent inutile de s'excuser pour des bousculades qu'ils reprendront quelques mètres plus loin.

Pour illustrer mon propos je voudrais revenir au dernier championnat mondial de football et me référer à ce qu'on a appelé le coup de boule de Zidane sur Materazzi. On se souvient de comment Zidane a affirmer très subtilement quelques jours plus tard : « je m'excuse mais je ne regrette rien». A la vérité, ses excuses ne s'adressaient pas à Materazzi l'offensé mais bien aux enfants et aux fans qui ne pouvaient comprendre difficilement un tel geste de la part du génie du foot... « je m'excuse mais je ne regrette rien» comme pour dire qu'il était prêt à reprendre son acte en l'absence des enfants et de ses fans à qui ses excuses s'adressaient en réalité.
  1. La rareté crée la valeur

La deuxième raison pour laquelle il ne sert à rien de présenter des excuses à tout vent est bien connu des économistes : « la rareté crée de la valeur.» Plus vous présentez des excuses, moins vos excuses auront une valeur réparatrice. C'est pour cela qu'il ne faut présenter ses excuses que lorsqu'on se sent véritablement coupable. A ce titre il faut noter la différence entre « s'excuser d'une faute » et « présenter ses excuses pour une faute.» S'excuser est un acte unilatéral qui n'attend pas l'approbation de l'offensé pour passer. Or présenter des excuses à l'être offensé laisse la latitude à ce dernier de les accepter ou de les refuser.

Au lieu de verser dans la manie des excuses on peut parfois juste se contenter d'expliquer son acte. Bien que l'écrivain américain Caleb Carr estime qu'« Il y a un fossé entre explication et excuse. » Ceci pourrait permettre a l'être offensé de vous comprendre et implicitement vous excuser sans avoir à le dire. N'est ce pas à cela que fait référence le journaliste français Daniel Mermet en disant :« Qui s'explique, s'excuse » ?
  1. Qui s'excuse s'accuse et perd de son "pouvoir"

La question des excuses est toujours liée à la notion de pouvoir. L'auteur d'une offense a toujours le choix de prendre conscience ou non de ses mots et de ses actes nuisibles. Il s'agit d'un ressenti, d'une capacité à se mettre à la place de celui qui a mal et de regretter sincèrement. S'il n'y parvient pas, il peut se défausser injustement dans le seul objectif de régler un conflit, et les excuses ne deviennent alors qu'une simple formule de politesse, ce qu'ironise l'écrivain satirique irlandais Jonathan Swift en disant : «Une excuse est un mensonge fardé. » Pour être acceptées, les excuses doivent donc être sincères.

Présenter des excuses ou s'excuser revient toujours à perdre un certain pouvoir. En effet, celui qui agresse, verbalement et/ou physiquement, exprime une certaine impuissance qui l'amène à prendre de force le pouvoir sur quelqu'un d'autre. Tant qu'il ne s'excuse pas il reste avec ce « pouvoir ». Comme le dit un proverbe : « L'excuse est pire que la faute. » sans doute parce que « Qui s'excuse s'accuse »(Stendhal).

La victime, de son côté, a toujours le choix de la rancune, de la vengeance ou non. En acceptant les excuses de son agresseur, elle va réintégrer un pouvoir qu'elle sentait perdu : le pouvoir de pardonner, ou pas. Il vous lie les bras (souvenons-nous de la gestuelle de celui qui demande padon). Le pardon est défini comme l'action de tenir pour non avenue une faute, une offense, de ne pas en tenir rigueur au coupable et de ne pas lui en garder de ressentiment. C'est cette notion de jeu de pouvoir que traduit les propos de l'américaine Jessamyn West quand elle dit « Il est facile de pardonner leurs erreurs aux autres ; cela demande plus de cran de les excuser d'avoir vu les nôtres. »

C'est la raison pour laquelle « C'est compliqué de demander pardon, c'est un geste délicat, en équilibre entre raideur orgueilleuse et contribution larmoyante et si l'on n'arrive pas à s'ouvrir à l'autre en toute honnêteté, toutes les excuses paraissent fausses et creuses. » ( Paul Auster)

  1. Ne pas vouloir présenter trop d'excuse suppose de donner le meilleur de soi

Retenir le principe de ne pas vouloir présenter trop d'excuse nous amène à un travail de perfection qui nous fait poursuivre la vérité. Nous cherchons à agir au mieux pour ne pas nous sentir obligé de présenter des excuses à nos amis. Car « La vérité est la meilleure des excuses ». Sur un autre plan, le fait de ne pas vouloir user d'excuse nous pousse à trouver les moyens de donner le meilleur de nous même car nous n'avons que deux possibilités selon
Emmanuel Pinda « Si tu veux faire quelque chose, ou tu trouves un moyen, ou tu trouves des excuses. », ce que reprend plus clairement le proverbe arabe « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse. »

Demander des excuses au nom de ce qui est et que l'on peut changer apparaît comme une plaisanterie tant qu'on n'a pas procédé au dit changement. N'est ce pas ce qu'exprime amèrement Michel Bernanos : « L'homme est avant tout un lâche souvent préoccupé de trouver une excuse à sa lâcheté. » ? N'abusons donc pas d'excuses. Essayons d'éviter les fautes pour éviter les demandes d'excuses.

Antoine Gombaud nous en donne les moyens : « Quand un homme ne veut plus faire de faute, le repentir de celles qu'il a faites lui sert d'excuse, et de lumière pour n'en plus commettre. »


ET A LA JCI


A la JCI, quelle pratique faisons-nous des excuses ? Comme l'a dit le poète et romancier français Philippe Soupault, « On ne pardonne pas à son ami ses erreurs, on ne les excuse pas non plus. On les comprend. » Faisons en sorte que nos amis nous comprennent quand nous somme dans l'erreur. Cela suppose que nous n'abusions pas de leur capacité à nous excuse car « Chez les amis, tout s'excuse, tout passe» (Jean de La Fontaine). C'est vrai que nous disons qu'il n'y a pas d'échecs à la JCI mais qu'il n'y a que des expériences, mais ne perdons pas de vu ce que nous enseigne Napoleon Hill : « Le succès ne s'explique pas. L'échec ne s'excuse pas. »


Je voudrais finir en abordant le problème des retards et des absences excusées au cours de certaines assemblées générales. Leur nombre est parfois important. Lorsque nous savons que l'établissement du quorum est fondés sur les présents et les excusés, on aboutit souvent à un usage abusif des excuses, dans le souci de pouvoir tenir valable la rencontre. Cette situation n'est pas de nature à permettre l'amélioration des taux de présence et d'absentéisme car le journaliste américain Ambrose Bierce est sans compromis sur la question : « Excuser, dit-il, c'est poser les fondations d'une future offense. »


C'est pour cela que nous devons, en tant que membre de la JCI, veiller à:

  • faire de notre mieux pour être présent et à l'heure aux réunions importantes ;
  • formuler à temps notre excuse à l'intention du président de séance. Les excuses doivent donc être faites avant que la réunion ne démarre. Cela nous évitera, en prenant la parole au cours de l'assemblée, de devoir présenter des excuses pour notre retard. Nous en gagnerons du temps ;
  • mener les projets qui nous sont confiés avec engagement et conviction pour éviter que Romain Rollan ne nous dise « La fatalité, c'est l'excuse des âmes sans volonté. »

Alors chers amis, soyons meilleurs et évitons les excuses intempestives. Le pouvoir en restera avec nous, et nos excuses plus crédibles ! Arrêtons de nous excuser à tout vent ...

LECTURE RECOMMANDEE :


Excuse, pardon et regret :


INCROYABLE MAIS VRAI

Si on épelle tous les nombres en anglais (one, two, three, four, ...) jusqu'où faut-il aller pour trouver la lettre A ? 1000 (one thousAnd). Avouons que la voie est longue comme celle des excuses sincères non ?


BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.

A jeudi prochain, si Dieu le veut

Gbèton.

1 commentaires:

Blogger Unknown a dit...

Peut être que oui, peut être que non


Il était une fois un modeste paysan de la vieille Russie. Il était veuf et n'avait qu'un fils.
Un jour, son cheval disparut. Tous ses voisins le plaignirent, en disant qu'une bien triste chose était arrivée. "Peut-être que oui, peut-être que non", répondit-il.
Trois jours plus tard, son cheval revint accompagné de trois chevaux sauvages. Les voisins l'envièrent et lui affirmèrent: "Quelle chance tu as !". A quoi il répondit : "Peut-être que oui, peut-être que non".
Son fils tenta de monter l'un des chevaux sauvages, tomba et se cassa une jambe. Les voisins dirent : "Quelle guigne !" - "Peut-être que oui, peut-être que non", répondit une nouvelle fois le paysan.
Trois jours plus tard, les huissiers du tsar vinrent chercher tous les jeunes hommes valides pour les enrôler dans l'armée, et le fils du paysan ne fut pas enrôlé. "Quelle chance tu as !" déclarèrent les voisins au vieux paysan.
Nous ne voyons qu'un tout petit bout de notre réalité. Qui sait à quoi peuvent être utiles les expériences que nous vivons !

21/02/2007 12:26

 

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