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jeudi 22 février 2007

Osez dire non pour mieux servir son nom

Osez dire non pour mieux servir son nom




"Heureux et libre est celui qui ose dire non ! "

Peter de Genestet



Un homme en colère est un homme qui n'a pas su dire non et éprouve, en plus, le remords de ne pas l'avoir fait.

Tahar Ben Jelloun

CE QUE JE DIS
De peur d décevoir ou d passer pour un mal éduqué, ou encore pour plaire à leur patron ou leurs proches, beaucoup n'osent jamais refuser quoi que ce soit. Pourtant je dis : Osez dire non pour mieux rendre service, atteindre le meilleur et mieux servir votre nom.


POURQUOI JE LE DIS

Le week-end arrive, plein d'une paresse prometteuse. Seulement voilà, coup de fil strident de votre mère qui s'invite à déjeuner, arrivée inopinée d'une copine qui vous sort de votre canapé pour une soirée pleine d'inconnus… Pourquoi est-il parfois si difficile de dire non ? Vous ne voulez rien de tout cela et pour tant, une fois de plus, vous allez tout accepter. Tout en vous maudissant intérieurement pour votre lâcheté et manque de courage. La crainte de déplaire, d'être rejeté(e), de ne plus être aimé(e), a une fois de plus triomphé. « Oser dire non, c'est savoir s'écouter, reconnaître ses désirs et ses envies, affirme Marie Haddou, psychologue. C'est s'affirmer et se respecter. Et cela s'apprend. »

Dès qu vous commencez à faire de la périphrase, on vous traite de politicien ou de diplomate. A propos de ces derniers justement, Henri Louis Mencken "Quand un diplomate dit 'oui', cela signifie 'peut-être' ; quand il dit 'peut-être', cela veut dire 'non' ; et quand il dit 'non', ce n'est pas un diplomate."
Pourtant il est curieux de remarquer que les mots OUI et NON comptent tous les deux 3 lettres et ne comportent qu'une seule syllabe. Dire OUI ne nécessiterait donc pas moins de temps et d'énergie que dire NON. Pourtant nous ne savons pas dire souvent NON. Est-ce parce que nous en avions abusé quand nous étions gosses ? Souvenez vous qu'à l'âge de trois ans nous sommes tous passé par la phase dite d'opposition : nous disions non à tout et pour tout. Comme la plupart des enfants à cet âge.

Plusieurs raisons m'amènent à penser qu'oser et savoir dire NON permet de mieux servir que de dire oui à tout. En effet cela permet :

  • de faire du OUI un oui d'engagement crédible ;
  • d'être beaucoup plus productif et plus crédible ;
  • de s'affirmer et de rester libre

1. Dire non permet de donner à nos OUI leur valeur d'engagement et d'approbation

Savoir dire "non" a l'avantage de donner de la valeur aux "oui" prononcés par ailleurs. En effet, à force de dire OUI à toutes les sollicitations, on finit par douter de nous. En effet, si oui est sincère dans la bouche de celui ou celle qui le prononce, les interlocuteurs peuvent hésiter à vous demander quelque service, de peur que vous ne les preniez pour des mendiants, des incapables. Si par contre le OUI n'est pas sincère, on s'en rendra vite compte et l'on vous traitera de plaisantin. Car on peut forcer le oui une ou deux fois, mais rarement plus. C'est pour cela que dire non donnera plus d force à vos OUI. Comme le dit d'ailleurs Jean-Jacques Rousseau "Il ne faut point refuser pour refuser, mais pour faire valoir ce qu'on accorde." Paul Evdokimov ira plus loin : "C'est parce que l'homme peut dire non que son oui prend une pleine résonance et se place dans le même registre que le oui de Dieu." N'est-ce pas la raison pour laquelle le poète latin Publius Syrus dit : "C'est encore accorder quelque chose que de refuser avec grâce "? Lorsque vous dit NON à une demande, vous permettez au demandeur de trouver une solution de rechange au lieu de compter sur votre OUI de plaisanterie qui pourrait peut-être lui couter la vie. Evitons donc le OUI-tuer pour ne pas dire le blaguer-tuer comme nos amis Ivoiriens.

2. Apprendre à dire NON nous permet d'être plus productif

En osant dire non, nous apprenons à nous libérer des tâches ingrates et peu utiles pour nous. Nous pouvons surtout éviter de faire ce que nous ne sommes pas tenus de faire et que nous n voulons pas faire non plus, mais que nous aurions pu accomplir malgré nous du faites d'un OUI prononcé pour plaire. Juste pour plaire. C'est dans ces cas que Tahar Ben Jelloun trouve que : "Un homme en colère est un homme qui n'a pas su dire non et éprouve, en plus, le remords de ne pas l'avoir fait." Une telle attitude nous permet de rester concentrer sur nos objectifs pricipaux et sur nos priorités. Cela nous laisse davantage de temps et d'énergie, source d'efficacité et de productivités plus accrues.

3. Oser dire non pour s'affirmer et rester libre

Oser dire non c'est vaincre sa timidité et sa peur d'être rejeté. Osez dire non c'est avoir le choix entre le OUI et le NON. Oser dire non c'est ne pas être un béni oui oui. Oser dire non c'est donc s'affirmer et se reconnaître comme un être libre de ses penser et de ses actions. Selon Jean Ethier-Blais, « Dire non sans donner la raison ! N'est-ce pas affirmer dans l'être ? Sa raison, c'est soi. » L'éssayiste et philosophe français Alain dira même que « Penser, c'est dire "non". » Et quand on sait que penser c'est être (cogito ergo sum), on comprend sans doute pourquoi Amélie Nothomb estime que « Vivre signifie refuser. »
Laissons Jules Renard nous faire sourire : « L'homme vraiment libre est celui qui sait refuser une invitation à dîner sans donner d'explications. »



COMMENT Y PARVENIR


Pour exprimer le désaccord il n'y a pas plus classique : Dites non clairement. Ne faites pas de périphrases Appuyer votre NON d'un rire si vous le pouvez. Si vous ne pouvez pas être aussi directe, il faut absolument éviter de « OUI » ou « D'ACCORD ». Ne pas dire oui, c'est déjà commencer à dire non, car l'écrivain et humoriste français Tristan Bernard le dit si bien : « Pour une réponse affirmative, il n'existe qu'un seul mot : oui. Tous les autres mots ont été inventés pour dire non. »

Une des méthodes qui marche, surtout quand on vous prend de court, est le "non, mais..." Il exprime un refus constructif, qui empêche celui qui le formule de sombrer dans un océan de culpabilité. Il s'agit de ne pas répondre immédiatement à la demande, de s'accorder un délai de réflexion afin d'exprimer précisément son refus. Et surtout de lui trouver une alternative. C'est pourquoi l'écrivain espagnol Baltasar Morales
dit que « Oui et non sont bien courts à dire : mais avant de les dire, il faut penser longtemps ». Une telle réponse apparaîtra ainsi moins brutale, plus ouverte. Un bon moyen d'assumer son désaccord. Et surtout de montrer qu'on dit NON à la demande et non à la personne.

Pour les personnes les plus proches de vous, utilisez une tactique plutôt efficace, celle du disque
rayé . Elle consiste à déstabiliser l'interlocuteur en se montrant tenace, en s'arc-boutant à son NON de toutes les manières possibles. Et avec le plus grand calme. Cela permettra à votre entourage de comprendre que vous ne souhaitez plus être celui ou celle qui cède sur tout. Il vous en respectera d'autant plus.

Voici cinq autres étapes assez simples pour apprendre à dire non :
http://management.journaldunet.com/0510/0510106conseils-non.shtml

Et quand vous arrivez à dire NON et que vous le sentez vraiment, évitez de vous justifier à tout prix : cela donne à l'autre la possibilité d'opposer ses arguments. Alors essayez simplement d'expliquer. Pas de justifier. Il y a nuance. D'ailleurs Alain est formel : « Refuser en donnant des raisons, ce n'est pas refuser »



ET A LA JCI

A la JCI, il est important de savoir dire ou d'apprendre à dire NON pour pouvoir être productif, mener une vie équilibrée entre la JCI, la famille et la profession. Il est surtout important de savoir le faire pour permettre aux autres amis de pouvoir s'améliorer. Il est courant de voir des ais qui, prétextant d'un manque de temps ou d'autres subterfuge bien connus se dérobent à assumer leur responsabilités, en comptant sur d'autres amis pour les suppléer. L'amitié n'est pourtant pas une prise en charge. En acceptant toujours de les porter ainsi, non seulement nous ne les aidons pas a apprendre par l'action, mais pis encore, nous en devenons moins productifs puisque surchargés.

Ken Blanchard et Steve Gottry dans leur livre L'Homme de la situation, nous rappelle bien que dans la vie il y a quatre catégories d'activités qui nous occupent : ceux que nous sommes tenus de faires et que nous voulons faire ; ce que nous sommes tenus de faire mais que nous ne voulons pas faire ; ce que nous voulons faire et que nous ne sommes pas tenus de faire et enfin, ce que nous ne voulons pas faire et que nous ne sommes pas tenus de faire. Osons donc dire non à cette dernière catégorie sans ambages et sans demi-mesure. Cela y va de notre gestion du temps et de … notre jeunesse. Je laisse la plume à l'auteur dramatique et dialoguiste français
Henri Jeanson : « On est jeune tant que l'on sait dire "non". Premier "oui" première ride. »

Alors chers amis, osons dire non quand il le faut pour rester concentrer sur le meilleur pour mieux le viser. Et si notre survie en dépendait ?

LECTURE RECOMMANDEE


Apprenez à dire non
http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/bien_avec_les_autres/ps_2727_dire_non.htm

Dire non pour survivre
http://www.psychologies.com/cfml/chroniqueur/c_chroniqueur.cfm?id=58



INCROYABLE MAIS VRAI

Quand une personne dit « non » sincèrement, avec conviction, elle fait plus qu'articuler un mot de trois lettres. Tout son organisme — ses glandes, ses nerfs, ses muscles — se contractent en une attitude de refus. Au contraire, quand la personne dit « oui », son organisme prend une attitude réceptive, consentante. Par conséquent, plus nous parviendrons à conquérir de « oui » et mieux nous réussirons à mettre notre auditeur dans une humeur favorable à notre proposition.

Si vous voulez gagner les gens à votre manière de voir, amenez votre adversaire à répondre « oui » dès le début de l'entretien.




BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.


A jeudi prochain, si Dieu le veut


Gbèton.

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