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jeudi 20 décembre 2007

Définir c'est déformer, limiter et tuer un peu

Définir c'est déformer, limiter et tuer un peu


Définir, c'est limiter
Oscar Wilde
Il y a des mots incapables d'être définis
Blaise Pascal
Personne peut-être n'a jamais été assez sincère pour définir la sincérité
Friedrich Nietzsche

CE QUE JE DIS

Edmond Haraucourt dit que "Partir c'est mourir un peu" et moi je dis "Définir c'est déformer, limiter et même tuer un peu"

POURQUOI JE LE DIS

En novembre dernier, au congrès mondial tenu à Antalya j'ai voulu suivre un cours de formation des formateurs sur le concept d'origine japonaise "OMOIYARI" ( http://omoiyari-campaign.com/). Le formateur parlait d'altruisme, d'harmonie, de paix mais il avait évité soigneusement de définir ce concept, pour éviter de le réduire. J'ai mieux compris sa démarche lorsque j'ai compris avec Blaise Pascal que "Définir c'est limiter"

D'un autre coté, les photographes me fascinent toujours. Quand ils prennent une vue, il font un travail inimaginable. En effet il doivent maîtriser plusieurs paramètre pour fournir une image de qualité, une image fidèle de la réalité photographiée. Il n'est pas rare de nous entendre dire : " la photo n'est pas réussie" ou encore "je ne m'y reconnais". Ainsi, il arrive qu'une photographie dénature la réalité prise en cliché. A la vérité, le photographe fait une définition de l'image pour mieux cerner. Il commence par faire un cadrage, un zoom ou un jeu de lumières propres à le conduire au résultat escompté. Et selon la résolution ou la définition en pixels, l'image prise sera claire, précise ou floue. Autant la photographie dénature, autant l'envie de définir un concept ou un projet est de nature à le déformer, ou à le tuer. Les raisons en sont diverses mais je me permets d'en retenir deux :

  1. Définir c'est déformer
Qu'est ce que c'est que définir ? Je n'ose pas définir la définition. Seulement, il me semble que bien que définir c'est traduire tout simplement. C'est utiliser d'autres mots pour donner un sens à un autre qui paraît nouveau ou trop vaste. Définir c'est relier du connu à de l'inconnu. Il s'agit de partir du champ lexical connu de l'audience pour introduire un concept objet d'analyse. Difficile donc de trouver une définition parfaite. D'ailleurs, Auguste Blanqui "Définir, c'est savoir". "Aussi la définition juste est-elle la plus rare des denrées" conclue-t-il. Ce faisant et comme toute traduction, on trahit la réalité qu'on veut définir en le déformant. "Traduttore, Traditore" disent les italiens, "traduire c'est trahir"! On ne peut définir sans interpréter. On entre ainsi dans une démarche interprétative qui fait dire à Samuel Butler que "Définir, c'est entourer d'un mur de mots un terrain vague d'idées."

Ce n'est pas pour rien que nous entendons souvent dire qu'il a des choses qui ne se définissent pas, qui ne s'interprète pas ou qui ne se racontent pas. "Il y a des mots incapables d'être définis." dixit Blaise Pascal. En effet, "Vouloir définir chaque mot, c'est fermer la porte à la vérité", selon le poète et publicitaire anglais Samuel Taylor Coleridge. On comprend alors pourquoi Miguel de Unamuno estime que "Le bonheur est une chose qui se vit et se sent, et non qui se raisonne et se définit". Dans le même ordre d'idées, "La liberté ne se définit pas, elle se vit." (Christine Angot) et "Vouloir définir l'humour c'est prendre le risque d'en manquer." (Guy Bedos, Humoriste français ). Quand au peintre français Odilon Redon il prévient : "Mes dessins inspirent et ne définissent pas."

C'est l'écrivain irlandais Oscar WILDE qui nous donne la clé de compréhensions de ces difficultés apparentes : "Définir, c'est limiter", tranche-t-il.

  1. Définir c'est désacraliser, c'est tuer
Comme je l'ai évoqué ci dessus avec les exemples du bonheur, de la liberté ou de l'humour, vouloir définir, c'est écorcher la valeur intrinsèque de la réalité définie. Ainsi de l'amour qui n'a aucune limite et n'obéit à aucune loi, surtout qu'il vise tout. A quoi bon définir alors pour désacraliser alors l'imagination créatrice de chacun peut se mettre en jeu dès qu'on évoque le mot. Pour Jean-Jacques Rousseau "Le monde de la réalité a ses limites ;le monde de l'imagination est sans frontières".

De ce point de vue, le physicien allemand Albert Einstein lançait un défi à ses contemporains : "Définissez-moi d'abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j'y crois." L'homme de sciences savait bien comme Blaise Pascal la difficulté voir l'impossibilité de définir Dieu sans le désacraliser. Comme le dit à juste titre Samuel Butler, "Mieux connaître Dieu, ce n'est que mieux comprendre combien il nous est impossible de le jamais connaître. Je ne saurais dire lequel des deux est le plus puéril, de le nier ou d'essayer de le définir."

Avant Einstein, le poète français Sully Prudhomme né en 1839 avait déjà tenté l'expérience en concluant ainsi : " J'en arrive à me définir Dieu simplement : ce qui me manque pour comprendre ce que je ne comprends pas." Qui dit mieux ?


Mais à quelque chose, malheur est bon. Il est possible d'utiliser ce principe réducteur de la définition pour mieux cerner et résoudre un problème ou planifier un projet, ou encore pour mieux considérer une question afin de mieux triompher dans un débat comme j'y revient ci-dessous au niveau de la JCI.

Alors, chers amis, sachons user des définitions là où elles sont nécessaires et facilite la production et laissons libre cours à l'imagination créatrice des autre lorsque la définition limite l'action.



ET A LA JCI

A la JCI, nous somme aussi conscient que définir c'est limiter et que tout ne peut se définir. Si vous étiez membre de la Jeune Chambre Internationale (JCI) vous avez dû entendre parlé du cours de formation des formateurs dénommé "JCI PRIME". Bien souvent, lorsque votre curiosité vous amène à demander comment le JCI PRIME se passe, c'est à croire que tous les précédents diplômés se sont passés le mot. La réponse est toujours la même : "Le PRIME ne se raconte pas, ça se vit !" Vous ne comprenez véritablement la raison que le jour où vous avez l'opportunité de vivre ce cours.


A quelque chose, malheur est bon. Au niveau de la JCI, deux domaines sont intéressants où nous pouvons appliquer avec bonheur le principe de "définir c'est limiter" :

- Définir pour mieux cerner un projet ou un problème. Une fois bien défini et limité, un problème est presque toujours résolu. C'est du déjà entendu me dira une amie de Dakar N°1. Mieux, "Définir et imposer un territoire implique la reconnaissance de ses propres limites et aussi celles des autres"

- Reformuler une question pour mieux y répondre dans un débat : le président 2006 de la JCI Bénin, le Sénateur Maixent Djeigo l'appliquait si bien face à la presse. Reformuler une question vous permet de la reconsidérer et surtout de la ramener vers les aspects que vous maîtriser le mieux, vous offrant ainsi une aisance dans la réponse.

LECTURE RECOMMANDEE :

Dépasser ses limites avec les mathématiciens
http://www.bibmath.net/dico/index.php3?action=affiche&quoi=./l/limite.html




INCROYABLE MAIS VRAI

Que détruit-on en voulant le définir ?

Il est une chose qu'on ne peut définir sans le détruire. Dès que vous décidez de le nommer, il se brise. Avez-vous idée ? ...

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Bravo vous avez trouvé : c'est le silence. Il se brise dès qu'on le nomme.

BE BETTER :

La parole enseigne, l'action entraîne.

A jeudi prochain, si Dieu le veut

Gbèton.

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