Le principe est un couteau à double tranchant : Se méfier des gens à principes
Le principe est un couteau à double tranchant : Se méfier des gens à principes Les principes sont des préjugés de grande taille, c'est tout !
Hervé Bazin
La plupart des hommes, en politique, comme en tout, concluent des résultats de leurs imprudences à la fermeté de leurs principes.
Benjamin Constant
Les principes servent à tyranniser, justifier, honorer, vilipender ou dissimuler les habitudes ; deux hommes qui ont au fond les mêmes principes peuvent les faire servir à des fins radicalement différentes.
Friedrich Nietzsche
CE QUE JE DIS
Qui ne connaît pas les bien faits des principes ? On nous en a tellement vanté les mérites et les bons côtés que nous en avons tous. Mais bien souvent les personnes trop accrochées à des principes peuvent passer à côté du but, surtout si l'universalité de leurs principes directeurs n'est pas prouvée. Car c'est la façon dont nous en usons qui importe plus que tout. C'est pourquoi je dis : Méfiez-vous des personnes qui s'accrochent aux principes jusqu'à l'inefficacité.
POURQUOI JE LE DIS
Au cours de la conférence de zone JCI à Dakar 2004, j'ai suivi un séminaire très intéressant dont le thème était « comment planifier sa vie ». Le sénateur Sow de la JCI Sénégal qui l'animait avait fait valoir que pour vivre heureux, il faut, entre autres, avoir des principes. « Toutes les grandes choses de l'humanité ont été accomplies au nom de principes absolus » comme le dit Ernest Renan. Lorsque je lui ai demandé ce qu'il fallait faire si les principes nous empêchaient de vivre heureux il m'a quasiment donnée la réponse de Somerset Maugham : « Ce qu'il y a de vraiment commode avec les principes, c'est qu'on peut toujours les sacrifier quand c'est nécessaire. » Jusqu'à quand faut-il donc les changer ?
Mieux, quand on soumet un principe à l'épreuve des faits, il arrive que l'Homme ait à choisir entre le principe et l'efficacité. C'est en cela que je dis : Méfiez-vous des gens à principes. Pour vous en convaincre, je cède la plume à Friedrich Nietzsche qui stigmatise toute la problématique : « Les principes servent à tyranniser, justifier, honorer, vilipender ou dissimuler les habitudes ; deux hommes qui ont au fond les mêmes principes peuvent les faire servir à des fins radicalement différentes. »
En partant de la définition du principe, de son éthique déontologique ou utilitariste, nous nous rendrons vite compte qu'il faut se méfier des principes et des gens à principes.
Qu'entend-on par principe ?
Chaque être humain suit des règles d'action et une ligne de conduite basées sur les valeurs théoriques qu'on lui apprend dès l'enfance. Les uns continuent à suivre strictement les principes moraux qu'on leur a inculqués. D'autres jettent aux oubliettes leurs principes de base tout en grandissant. Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui régulent leurs principes selon leurs propres intérêts. Si vous avez des principes, ce sont vos principes, vos règles. C'est à vous de savoir lequel de vos principes vous permet de décanter telle situation. Cela fonctionne comme une boite noire dont vous seul connaissez la dynamique. Or quand on recommande aux Hommes d'avoir des principes pour réussir, il s'agit bien de principes universels qui résiste à l'épreuve du temps. Pour y arriver, il faut partager ses principes. Pour Wilfrid Laurier, « La seule façon de défendre ses idées et ses principes est de les faire connaître ». Surtout que « Sans principes communs, ce n'est pas la peine de discuter » (Confucius)
Ne pas oublier que les principes sont à cheval entre déontologie et utilité
ou « de Caïphe ». Par exemple, vous êtes officier et l'on vous demande de tuer vous-même un otage ; et on vous assure que si vous le faites, on laissera la vie sauve à vingt autres. En revanche, si vous refusez, on passera par les armes les vingt et un otages. Touvier, lors de sa défense, a dit avoir accepté de tuer sept juifs parce que cela lui permettait d'en sauver un nombre plus important. Doit-ont se conformer et s'accrocher à ses principes quelles que soient les conditions ? « Les principes sont les principes, dussent les rues ruisseler de sang. » disait Rudyard Kipling. Mais est-ce la meilleure solution ? Ne doit-on pas de temps en temps sacrifier un principe au nom de l'utilité ou de l'humanité tout simplement, comme le recommande Graham Greene ? « Les principes, dit-il, sont faits pour être violés. Etre humain est aussi un devoir. » Faut-il dénouer le dilemme en se basant sur des notions philosophiques ou morales, ou sur les conséquences immédiates de l'action à prendre ?
A la vérité, il existe deux types d'homme à principe. Face au « dilemme de Touvier », si, sans hésiter, vous refusez de tuer l'otage parce que, par principe, vous vous refusez à commettre un meurtre, quelles que soient les conséquences de votre refus, vous êtes un homme à principes de type « déontologique » (de deïn, lier, attacher). Vous vous entendrez bien avec John Kessel quand il conseille : « Changez vos stratégies et tactiques, mais jamais vos principes. » Si, au contraire, vous acceptez sans hésiter de tuer l'otage pour sauver les vingt autres, vous optez, par principe, pour le moindre mal et vous êtes un homme à principes du type « utilitariste » et vous vous dites comme Stanley Baldwin : « J'aimerais mieux être un opportuniste et flotter, que couler à pic, mes principes autour du cou .»
Mais dans tous les cas, vous êtes homme à principe n'est ce pas ? Pour en savoir plus sur ces deux types de principes : http://groups.google.com/group/je-dis-de-gbeton/web/faut-il-avoir-des-principes
Méfiez-vous des gens qui s'accrochent aux principes jusqu'à l'inefficacité
Le fait de se référer à des principes peut être un processus d'évitement. Le sujet s'en remet à des principes pour ce qui est de la décision qu'il doit prendre. Il fait ainsi l'économie de sa liberté et de sa responsabilité personnelle. Il évite une confrontation directe avec la situation problématique dans laquelle il se trouve. Une véritable fuite que stigmatise
Multatuli en affirmant que « Les principes sont des choses dont on use pour se dispenser de faire ce qui déplaît »
Il faut faire la différence entre l'idéaliste et l'homme à principes, qu'il soit de type déontologique ou utilitariste. L'idéaliste est d'abord un optimiste, un généreux, un imprudent, voire un impuissant. L'homme à principes serait plutôt un dictateur, moraliste et moralisateur.
Autant Esope nous rappelle que « Celui qui cède toujours le pas aux autres finira par ne plus avoir de principes personnels », autant Euripide nous prévient : « Dans la vie des principes rigoureux donnent dit-on, plus de déceptions que de joies. »
Alors chers amis, méfions nous des hommes qui s'accrochent aux principes si nous voulons viser l'efficacité
car même « les grands principes parviennent rarement à ne pas créer l'injustice dans les cas particuliers. »
(James Fenimore Cooper).
ET A LA JCI
A la Jeune Chambre Internationale, nous sommes dirigés par des principes nobles que nous prenons plaisir à réciter à la plupart de nos rencontres. Les membres de la JCI sont en effet convaincus et croient que :
Que la foi en Dieu donne à la vie son véritable sens ;
Que la fraternité humaine transcende la souveraineté des nations ;
Que la liberté des individus et de l'entreprise assure mieux la justice économique ;
Que l'autorité doit s'appuyer sur la loi et non sur l'arbitraire ;
Que la personne humaine est la plus précieuse des richesses ;
Et que servir l'humanité constitue l'œuvre la plus noble d'une vie.
Cependant, il ne suffit pas de rappeler ces principes ou de les lire à chaque réunion pour faire de nous jaycees des princes. Il nous faut non plus le lire, mais le réciter, c'est en dire en nous écoutant et en y prêtant attention à la lecture. Ensuite, il faut les mettre en oeuvre dans notre engagement quotidiens. L'avantage que nous avons à la JCI, c'est que ces principes sont universels en plus d'être partager par des milliers de jeunes à travers le monde
. Alors pourquoi, ne pas vivre selon ces principes. Un principe non vécu et proclamé apparaît vite comme un paradoxe qui nous gêne nous même. Nous, qui sommes sur la voie du leadership, nous devons devrions méditer cette citation de Pierre Joseph Proudhon « Ce ne sont pas les hommes qui gouvernent les sociétés , ce sont les principes ; à défaut de principes, ce sont les situations. » Pensons-y ! En tout cas, moi, je me méfis des jaycees qui récitent les valeurs et principes et qui ne les vivent pas...
LECTURE RECOMMANDEE
Faut-il avoir des principes ?
http://groups.google.com/group/je-dis-de-gbeton/web/faut-il-avoir-des-principes
INCROYABLE MAIS VRAI
« Je mens » ne tient pas sur le plan de la logique
« Je mens », est impossible à rendre sur le plan logique parce que si celui qui dit « je mens » a raison, il ment et donc ce qu'il dit n'est pas crédible du tout, à savoir le fait de dire « je mens ».
Mais si ce qu'il dit, à savoir « je mens », n'est plus faux, alors le sujet qui énonce devient par là-même, véridique. Si « je mens » n'est pas faux, je dis la vérité.
Mais si je dis la vérité, en disant « je mens » à nouveau, je confirme que ce que je dis est mensonger.
Si j'ai raison, j'ai tort et si j'ai tort, j'ai raison ; donc, on tourne indéfiniment sans pouvoir boucler la boucle.
BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.
A jeudi prochain, si Dieu le veut
Gbèton.
Libellés : déontologie, dilemme, principe, utilité

2 commentaires:
Ah les principes! ils donnent l'impression d'un pouvoir chaque fois qu'on est face à une situation et qu'on finit par les respecter. vivre c'est aussi avoir des principes. Pourtant par principe, face à certaines situations, nous devons taire nos principes afin que leur respect ne nous pose des problemes de conscience.
Ceder une fois ne met il pas en danger nos principes car ayant une fois gouté à la derogation, nous sommes tentés de "re-bisser". et c'est là que vient le danger, deroger à chaque fois que la raison ou l'instinct nous le demande.
Pour trouver un compromis à une telle situation, il faut garder à l'esprit une chose: "la liberté c'est aussi etre capable de se non quand on a envie de dire oui". ainsi dire non je deroge à telle principe quand la situation l'exige et se dire non quand on est tenté de deroger tout le temps est une autre facon de vivre sa liberte
14/12/2007 18:19
Le ou les principes n'est ou ne sont qu'une foi en soi!
Idéalisme que nous nous forgeons en limitant notre moi dans une coquille que nul autre que nous même n'oserait briser,Il est peut-être vrai que les principes donnent un certain pouvoir ou une autorité, je cite:"servent à tyranniser, vilipender"etc,en donnant un malin plaisir à son auteur.
Seulement, se voir embrigader par des lois, postulats, limitations ou barrières n'est-ce pas là se priver à soi-même d'une liberté d'agir, de penser au lieu de s'émouvoir sans aucune restriction, en se fiant toujours à notre jugement, libre arbitre et à notre conscience à être sur l'équilibre!
Serait-il pas préférable de struturer puisqu'il s'agit de notre vie en une organisation pyramidale comme celle de Maslow des "besoins" afin de savoir quels sont ceux qui peuvent être dérogés et ceux qui ne peuvent pas l'être pour laisser à notre conscience une certaine fléxibilité? Et, pourquoi dire "non" par radicalisation quand on peut dire "oui"?
Les principes n'engagent que leurs auteurs.
N'est-ce pas Gavrillo Princip, activiste nationaliste qui a assassiné l'Archiduc d'Autriche le 28 juin 1914 provocant ainsi la première guerre mondiale de 14-18, et entrainant le Monde dans un chaos total!
Serait-ce dû à ses principes nationalistes?
L'ironie du sort!
11/06/2008 13:16
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