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jeudi 24 mai 2007

La hâte comporte de la violence : Se hâter doucement

La hâte comporte de la violence : Se hâter doucement


Se hâter, c'est déjà de la violence
Gandhi

Soyez rapide sans vous presser
John Wooden

Mieux vaut tenir que courir
Esope


CE QUE JE DIS


Dans notre environnement en constante évolution, tout bouge si vite et si fort que l'on en perd la tête. Il s'agit d'agir vite sous l'effet du stress et des urgences. Même si l'adage dit que "qui va lentement va sûrement", trop de lenteur n'est pas à conseiller pour autant. C'est pour cela que je dis : Hâtez-vous doucement pour rester efficace dans le tourbillon de la vie.

POURQUOI JE LE DIS

Samedi dernier, quand je filais chez un ami aux HLM Mariste, j'étais pressé et arrivé au carrefour de la patte d'oie, en plein travaux, j'ai pris une voie au « au pif ». C'est vrai que je savais à peu près quelle direction prendre et je n'ai pas pris la peine de consulter les nombreux panneaux d'orientation posés pour aider les usagers déroutés par les travaux de construction de l'échangeur. Je devais faire vite. J'étais sûr que je me retrouverais bien, mais hélas, je me suis perdu dans les dédales.

Bien confus et déjà en retard, j'ai été bien obligé de prendre du temps pour m'orienter plus sérieusement et retrouver le chemin que je connaissais bien. Mon ami Antoine avait raison de rappeler que « le chemin le plus rapide, c'est celui qu'on connaît » Faire le point, m'a permis de retrouver le bon chemin et d'arriver enfin à ma destination. Autant dire qu'il ne sert à rien de courir, il faut partir à point. Ainsi, il vaut toujours mieux se hâter lentement pour rester efficace malgré le tourbillon de la vie qui exige tout de nous tout de suite. Je retiendrais cinq points, pour m'en expliquer.

1. La hâte peut rendre l'Homme irrationnel et inefficace


Nous rejetons la lenteur et lui préférons la vitesse : celle de l'esprit vif qui pense et qui décide, celle des corps qui se meuvent, celle du travail à accomplir, etc. Nous aimons la vivacité, la virtuosité, la rapidité. C'est le principe du « tout, tout de suite ». Comme le dit
Filippo Tommaso Marinetti. « La splendeur du monde s'est enrichie d'une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. »


On en arrive même à sacrifier certaines qualités au profit de la seule vitesse dont le goût effréné rend complètement irrationnel. Sinon comment comprendre que Jack Welch affirme : « Il vaut mieux agir trop rapidement qu'attendre trop longtemps » ? Pis encore, Percy Barnevik va plus loin « Je privilégie la vitesse à la précision, car le coût d'un retard dépasse de loin celui d'une erreur. » On comprend alors pourquoi « Tout circule si rapidement, d'un bout à l'autre de la planète. » (Benoît Duteurtre) Pour Paul Morand, le goût de la rapidité a un autre mobile : « Tout ce que je fais, je le fais vite et mal, de peur de cesser trop tôt d'en avoir envie. » Quand Lou Gerstner tente d'expliquer ce mal du siècle, c'est encore pour mieux nous choquer : « La vitesse et la réactivité sont les conditions essentielles du succès. On en est presque au point où être le premier vaut mieux que d'être intelligent ? » Où allons nous ?

Un proverbe persan dit « La précipitation vient du Diable ; Dieu travaille lentement. » Vraiment perçant non ? A la vérité, « qui trop embrasse mal étreint » c'est-à-dire que l'inefficacité peut provenir de l'envie de vouloir tout faire en même temps. Ainsi par exemple, selon Daniel Pennac, « Les batailles se perdent dans la précipitation. »


2. Se hâter comporte de la violence


Autant nous refusons la lenteur, autant la vitesse fulgurante nous affole et nous déconcerte. On ne prend plus le temps de réfléchir, de méditer, de savourer. On préfère par exemple presser le jus d'orange et le boire agressant l'estomac, plutôt que de sucer le fruit naturel, de le déguster, facilitant du même coup sa digestion. Esope nous souffle pourtant que « Mieux vaut tenir que courir », tenir les bons résultats.

En réalité la logique du « tout, tout de suite » peut s'avérer dangereux, faisant de la hâte un facteur violent. En effet, un homme pressé devient très pressant et un homme pressant se mue en un être stressant et dangereux. Le vol n'est-il pas issu du désir de sauter des étapes pour atteindre la richesse ? Le viol n'est il pas le résultat de l'envie de se passer du jeu de la séduction ? Dans le même ordre d'idées, et face aux urgences, on utilise les expressions « faire violence sur soi-même » et parfois même sur les autres. Ainsi, on met les collègues sous pression, au risque de les exploser parfois. Pas étonnant que
Gandhi affirme « Se hâter, c'est déjà de la violence ».


3. Se hater doucement, devise d'efficacité


Plongés dans innombrables pressions et sollicitations du quotidien combien sommes nous à savoir encore prendre de la distance ? Pourtant, comme le dit le proverbe :
« Rome ne s'est pas construite en un jour ». Les choses importantes ne se construisent que dans la durée. Eduquer un enfant, par exemple, prend de longues années. Construire une relation nécessite une fidélité qui traverse le temps. Vivre sa foi appelle une conversion permanente.


La meilleure façon de concilier vitesse et efficacité semble être résumé dans la devise « Festina Lente » c'est à dire « Se hâter doucement » ou « Se hâter lentement ». Pour utiliser les termes de John Wooden : « Soyez rapide sans vous presser ». Relisons d'ailleurs la fable de La Fontaine relative au lièvre et la tortue

(http://www.lafontaine.net/lesFables/afficheFable.php?id=115 ).

4. Se hâter doucement, en d'autres mots !


Se hâter doucement, c'est savoir s'arrêter de temps en temps, pour évaluer ce que l'on fait, déterminer à nouveau le chemin à prendre. C'est de résister au « tout, tout de suite », cette immédiateté, à l'événementiel qui nous pousse à construire sur le sable en négligeant les fondations ? Face aux agendas remplis, face aux présupposées urgences, ne faut-il pas réapprendre à agir dans la durée ? L'efficacité, mieux l'efficience est à ce prix.

Se hâter lentement, signifie se donner du temps pour la réflexion et la maturation de nos projets. C'est aller étape par étape. Comme le dit Gandhi, « Un pas à la fois me suffit. ». C'est aussi savoir prier car selon les conseils d'Albert Camus, « Il ne faut pas être plus pressé que Dieu »

En fait, le terme « lentement » est ici tout différent de la paresse. Il est ce mouvement qui pèse le poids des choses, distingue l'essentiel du futile pour mieux agir ensuite.
« Il ne faut jamais aller plus vite que sa vitesse », nous enseigne Philippe Labro. Ainsi, le travail ne sera pas sans lendemain. « Se hâter lentement » n'est-ce pas le meilleur moyen pour gagner du temps ?


5. Comment se hater doucement, en quelques étapes ?


Se hâter doucement, c'est faire du temps un partenaire et non un adversaire. Et pour y arriver il faut :

a) Penser à ce que l'on veut faire ;

b) Prévoir ce que l'on doit faire ;

c) Etablir un plan d'actions ;

d) Apprendre et s'éduquer à suivre son plan d'actions ;

e) Définir un chronogramme pour évaluer l'état par rapport à l'objectif ;

f) S'arrêter comme prévu dans le chronogramme pour évaluer les réalisations et adapter le plan d'actions.

Le temps n'est donc plus le repère principal et reste ainsi un indicateur pour évaluer la réalisation.

Les objectifs à atteindre deviennent le principal et on marche, le temps a coté de nous (et non derrière nous comme auparavant) tout au long de leur réalisation.

ET A LA JCI

Au sein de la JCI, la course contre la montre est permanente. Le principe « un homme, un mandat, une année » que nous avons pour les responsables nous pousse à aller vite. En même temps, la nécessaire différence que nous devons faire nous pousse à une exigence d'efficacité et de créativité, pour donner vie à notre slogan « Be better ».

Dans ces conditions, nous sommes bien obligés de nous hâter doucement. Ainsi, dans le souci de respecter les délais que nous nous fixons pour nos projets, nous ne devons occulter aucune des étapes de la méthodologie de planification des projets, nous ne devons laisser aucun détail important de côté sous prétexte que le travail devient urgent.


Ne nous trompons pas car rien n'est urgent, c'est en réalité les hommes qui sont pressés.

Une autre façon de se hâter doucement, c'est aussi de savoir bien préparer son mandat. Il faudrait avoir bien pensé son plan d'actions en tant que Président et Vice-Président avant même de poser sa candidature pour être élu. Ainsi, on aura pris le temps de peser le poids des choses, de savoir les moyens à mettre en oeuvre, d'être fin prêt pour affronter le mandat qui devra être productif malgré sa brièveté.


LECTURE RECOMMANDÉE :

Amour pressé !
http://www.delamour.com/particles2/60012.asp

Quand la tortue est plus rapide que le lièvre

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Li%C3%A8vre_et_la_Tortue



INCROYABLE MAIS VRAI


Saviez-vous qu'il existe un instant minimal en-dessous duquel aucune durée n'a de signification ?

L'analyse théorique permet de mettre en évidence l'existence d'une durée minimale, dite durée de Planck, en dessous de laquelle aucune durée n'a de signification. Ce temps de Planck vaut 0.54 *10^-43 s. C'est le temps qu'il faudrait à un photon dans le vide pour parcourir une distance égale à la longueur de Planck.

Il s'agit de la plus petite mesure de temps qui ait une signification physique dans les théories actuelles : la longueur de Planck étant la plus petite longueur mesurable et la vitesse de la lumière la plus grande vitesse qui existe, le temps de Planck correspond lui-même à la plus petite mesure de temps qu'il soit possible d'effectuer. Sous cette limite, les lois physiques cessent d'être valides. Impossible donc de savoir ce qui s'y passe. Quoi qu'il en soit, au niveau quantique, le temps ne s'écoule pas comme à notre échelle. Il semble même, tout simplement, qu'il ne s'écoule pas.

Un des problèmes que l'on rencontre avec les techniques de lecture rapide c'est que le temps de se rendre compte qu'un livre est ennuyeux, on l'a déjà terminé.
[Franklin P. Jones]


BE BETTER :
La parole enseigne, l'action entraîne.


A jeudi prochain, si Dieu le veut


Gbèton.

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